Un tube transanal peut-il aider à prévenir les fuites après une chirurgie du cancer du rectum ?
Chez les personnes subissant une chirurgie pour un cancer du rectum :
L'utilisation d'un tube souple (tube transanal) inséré par l'anus (extrémité de l'intestin par laquelle les selles sont évacuées) pourrait réduire la nécessité d'une nouvelle intervention chirurgicale due à des fuites intestinales. Cependant, on ne sait pas avec certitude si le tube réduit en soi le risque de fuite.
Ce résultat variait selon que les patients présentaient ou non une ouverture temporaire dans l’intestin (une stomie de dérivation). Chez les personnes avec stomie de dérivation, les fuites anastomotiques étaient plus fréquentes dans le groupe avec tube transanal que dans le groupe sans tube transanal.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier les personnes les plus susceptibles de bénéficier d’un tube transanal et pour mieux comprendre les bénéfices et risques potentiels.
Après une chirurgie du cancer du rectum, le chirurgien doit reconnecter l’intestin. Cette jonction s’appelle une anastomose. Parfois, l’anastomose ne cicatrise pas correctement, ce qui entraîne une fuite du contenu intestinal dans la cavité abdominale. C'est ce qu'on appelle une fuite anastomotique. Elle peut entraîner une infection grave et compliquer la convalescence.
Comment prévenir une fuite ?Une méthode courante pour prévenir les fuites consiste à créer une ouverture temporaire dans l’intestin, appelée stomie de dérivation. Cela permet aux selles de sortir du corps sans passer par la jonction intestinale en cours de cicatrisation. Cependant, une stomie de dérivation peut entraîner des complications et nécessite une nouvelle intervention chirurgicale pour la refermer.
Une autre option consiste à introduire un tube souple par l’anus localisé près de l’anastomose intestinale. On parle alors de tube transanal. Ce tube peut réduire la pression, améliorer le drainage et contribuer à diminuer le risque de fuite.
Que voulions-nous savoir ?Nous avons cherché à déterminer si l'utilisation d'un tube transanal lors d'une chirurgie du cancer du rectum :
réduit le risque de fuite anastomotique ;
réduit la nécessité d’une nouvelle intervention chirurgicale ;
entraîne des effets indésirables ou d’autres problèmes.
Comment avons-nous procédé ?
Nous avons cherché les études comparant l’utilisation d’un tube transanal à l’absence d’utilisation chez des adultes subissant une chirurgie du cancer du rectum. Nous avons comparé et synthétisé les résultats de ces études, puis évalué le niveau de confiance que nous accordions aux données probantes.
Nous avons identifié quatre études impliquant 1 318 personnes ayant subi une chirurgie du cancer du rectum. Près de la moitié d’entre eux ont eu une mise en place d’un tube transanal pendant l’intervention chirurgicale tandis que les autres n’en ont pas eu. Les études ont été menées au Danemark, au Japon et en Chine, et la plupart se sont poursuivies jusqu’à 30 jours après l’intervention chirurgicale. Une étude n’a pas eu recours à une stomie de dérivation. Différents types de tubes ont été utilisés, avec une durée de mise en place de 3 à 7 jours. Différents types d’interventions chirurgicales ont également été pratiqués.
Principaux résultatsIl n'est pas certain que le risque de fuite soit réduit à la suite de la mise en place d’un tube transanal, par rapport à l’absence de mise en place de tube (4 études, 1 318 personnes). Sur 1 000 personnes opérées, le risque de fuite anastomotique serait de 83 chez les personnes ne bénéficiant pas de tube, contre 73 chez celles en bénéficiant. Cependant :
Cela pourrait réduire la nécessité d’une nouvelle intervention chirurgicale pour traiter une fuite (3 études, 1 124 personnes). Pour 1 000 personnes opérées, le risque de nouvelle intervention chirurgicale serait de 45 chez celles ne bénéficiant pas d’un tube, contre 14 chez celles en bénéficiant ;
Cela pourrait réduire la durée d’hospitalisation après l’intervention chirurgicale, bien que ce résultat repose sur une seule étude portant sur 398 personnes. Les personnes chez lesquelles un tube transanal a été posé ont quitté l’hôpital en moyenne 3,25 jours plus tôt que celles qui n’en avaient pas ;
Cela pourrait entraîner d’autres problèmes, tels que des douleurs ou une gêne, mais les données probantes à ce sujet sont incertaines. Environ une personne sur quatre a signalé des douleurs ou une gêne, et chez quelques-unes, la sonde s’est détachée plus tôt que prévu.
Les résultats concernant les fuites variaient selon que les patients portaient ou non une stomie de dérivation. Chez les personnes avec stomie de dérivation, les fuites anastomotiques étaient plus fréquentes dans le groupe avec tube transanal que dans le groupe sans tube transanal.
Les études étaient généralement de petite taille, et les résultats variaient d’une étude à l’autre. Certaines études présentaient également des limites sur la méthodologie et la manière dont les résultats ont été rapporté. De ce fait, ces résultats sont incertains et des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre quelles personnes sont les plus susceptibles de bénéficier d’un tube transanal et quels sont les effets indésirables potentiels.
Ces données probantes sont-elles à jour ?Les données probantes sont valables jusqu’au 6 août 2025.