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Quels sont les bénéfices et risques des médicaments stimulant la respiration (tels que la caféine) pour la prévention ou le traitement d’un faible taux d’oxygène ou de difficultés respiratoires chez les bébés nés quelques semaines avant terme ?

2 weeks 4 days ago
Principaux messages
  • Une seule étude a examiné si l’administration de médicaments stimulant la respiration, comme la caféine, à des bébés nés quelques semaines avant terme pouvait aider à prévenir ou à réduire les problèmes liés à un faible taux d’oxygène ou à des difficultés respiratoires. Cela signifie que nous disposons de très peu de données probantes concernant leur utilisation.

  • La caféine pourrait contribuer à réduire le nombre de fois où les prématurés tardifs présentent un faible taux d’oxygène, mais nous ne savons pas si elle réduit le besoin d’une aide à la respiration (assistance respiratoire) ; et nous ne savons pas avec certitude si la caféine provoque des effets indésirables.

  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si les médicaments stimulant la respiration sont utiles et sans danger pour les bébés nés quelques semaines avant terme. Nous avons trouvé certaines études qui seront publiées prochainement et qui permettront de mettre à jour les données probantes.

Quel est l’âge des bébés prématurés tardifs ?

Les bébés nés quelques semaines avant terme, entre 34 et 36 semaines de grossesse, sont qualifiés de « prématurés tardifs ». Ces bébés ne sont pas aussi développés que les bébés nés à terme (après 37 semaines, soit 8,5 mois), et leurs poumons ainsi que d’autres organes peuvent être plus fragiles.

Qu’est-ce que l’hypoxémie intermittente ?

Il arrive parfois que le taux d’oxygène d’une personne baisse pendant de courtes périodes (un état appelé hypoxie intermittente). Lorsque cela se produit, il est difficile de respirer. Les difficultés respiratoires peuvent entraîner des problèmes à long terme en causant des lésions cérébrales.

Que sont les méthylxanthines ?

Les méthylxanthines sont des médicaments qui facilitent la respiration en détendant les muscles que nous utilisons pour respirer. La caféine est la méthylxanthine la plus couramment utilisée, car elle présente moins d’effets indésirables que les autres types.

Que voulions-nous savoir ?

Bien que les méthylxanthines telles que la caféine soient souvent utilisées, avec succès, pour traiter les difficultés respiratoires chez les grands prématurés (nés avant 32 semaines de grossesse), elles sont moins souvent utilisées chez les prématurés tardifs, et on ne sait pas avec certitude si ce traitement peut leur être bénéfique. Nous voulions savoir si les méthylxanthines étaient plus efficaces que l’absence de traitement ou un traitement factice (placebo) pour prévenir ou traiter les problèmes liés à un faible taux d’oxygène ou à la respiration chez les prématurés tardifs. Nous souhaitions également déterminer si ces médicaments entraînent des effets indésirables.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant les méthylxanthines à un placebo ou à l’absence de traitement chez les prématurés tardifs. Nous avons recherché des études qui mesuraient :

  • la fréquence des épisodes de faible taux d’oxygène chez les bébés ;

  • s'ils avaient besoin d'une aide à la respiration ;

  • la durée de leur séjour hospitalier ;

  • si le traitement avait des effets indésirables ;

  • si les bébés avaient survécu jusqu'à leur sortie de l'hôpital.

Nous avons examiné les résultats de la seule étude que nous avons trouvée. Nous avons résumé ces résultats et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs tels que le nombre de bébés inclus dans l’étude (taille de l’étude) et les méthodes utilisées pour mener cette étude.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé une étude néo-zélandaise portant sur 132 bébés prématurés tardifs. Cette étude comparait différentes doses de caféine à un placebo et a donné les résultats suivants.

  • La caféine pourrait réduire le nombre de fois où les bébés présentent un faible taux d'oxygène sur plus d’une semaine à partir du début du traitement.

  • On ne sait pas avec certitude si la caféine aide à résoudre d’autres problèmes, comme le besoin d’une aide à la respiration, ni si elle améliore les chances de sortir plus tôt de l’hôpital ou de survivre jusqu’à la sortie.

  • On ne sait pas avec certitude si la caféine provoque des effets indésirables.

  • L’étude n’a pas rapporté d’autres critères de jugement importants, tels que le développement à long terme ou le nombre de fois où un bébé cessait de respirer (apnée).

Nous n’avons trouvé aucune étude portant sur l’utilisation des méthylxanthines pour traiter, plutôt que pour prévenir, les difficultés respiratoires chez ces bébés.

Quelles sont les limites des données probantes ?

La principale limite est que nous n’avons trouvé qu’une seule étude. Cela signifie que nous ne pouvons pas être certains des résultats. L'étude n'a pas rapporté tous les résultats qui nous intéressaient, et certains résultats n'étaient pas clairs. Notre confiance dans ces résultats est très faible, car ils reposent sur une seule petite étude, et nous avions certaines réserves quant à la manière dont l’étude a été menée et dont ses résultats ont été présentés. De futures recherches pourraient modifier ces résultats.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu’en décembre 2025. Cinq études sont en cours et, une fois achevées, leurs résultats pourraient nous aider à mieux comprendre si les méthylxanthines sont utiles et sûres pour les prématurés tardifs.

Bodrero E, Isaza-López MC, Pahl A, Fiander M, Soll RF, Bruschettini M, supported by Cochrane Sweden and the Cochrane Neonatal Review Group

Les traitements de la déglutition améliorent-ils les troubles de la déglutition (dysphagie) chez les personnes ayant récemment subi un AVC ?

2 weeks 4 days ago
Principaux messages
  • Les traitements de la déglutition pourraient améliorer la déglutition chez les personnes ayant récemment subi un accident vasculaire cérébral (AVC), mais aucun traitement ne semble être globalement efficace.

  • La stimulation électrique appliquée à la surface du cou et du crâne, la stimulation de nerfs et la combinaison de traitements réduisent probablement la sévérité des troubles de la déglutition. L’acupuncture réduit probablement les troubles de la déglutition à la fin de l’essai et améliore la sécurité de la déglutition. Les médicaments réduisent probablement la survenue d’infections pulmonaires. La stimulation électrique de l’intérieur du cou réduit probablement le nombre de personnes ayant besoin d’une sonde respiratoire à la fin de l’étude.

  • Les futures études devraient être plus grandes et de meilleure qualité.

Pourquoi un traitement de la déglutition est-il nécessaire chez les personnes ayant subi un AVC ?

Les personnes ayant subi un AVC ont souvent des difficultés à mâcher et à avaler leur salive, ainsi que les aliments et les boissons (ce que l’on appelle la « dysphagie »). Ce problème peut toucher jusqu’à 80 % des personnes ayant subi un AVC et peut entraîner :

  • des étouffements et des infections pulmonaires, lorsque la salive et les aliments sont inhalés au lieu d’être avalés ;

  • une dénutrition et une perte de poids, pouvant ralentir le rétablissement ;

  • une mauvaise qualité de vie ;

  • des séjours prolongés à l’hôpital ; et

  • une augmentation du risque de décès ou de placement en établissement de soins de longue durée.

La déglutition s’améliore souvent sans traitement, mais 15 % à 51 % des personnes touchées présentent encore des troubles de la déglutition environ deux semaines après leur AVC.

Qu’est-ce qu’un traitement de la déglutition ?

Les traitements de la déglutition visent à accélérer la récupération de la fonction de déglutition et à réduire les effets négatifs des troubles de la déglutition sur la santé et le bien-être.

Il existe différents types de traitements de la déglutition. Nous nous sommes intéressés aux suivants :

  • l’acupuncture ;

  • les exercices de déglutition ;

  • les médicaments ;

  • la stimulation du cou par des impulsions électriques (SENM : externe ; PES : interne) ou du cerveau par des impulsions électriques (tDCS) ou magnétiques (TMS, TBS) ;

  • la stimulation physique par le froid, les saveurs acides ou les boissons gazeuses ;

  • la stimulation de nerfs ; et

  • des associations de ces traitements.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions évaluer l’efficacité des traitements visant à améliorer la déglutition chez les personnes ayant subi un AVC, jusqu’à six mois après leur AVC. Nous nous sommes intéressés :

  • à la sévérité de leurs troubles de la déglutition après le traitement ;

  • au nombre de personnes présentant des troubles de la déglutition à la fin de l’essai ;

  • à quel point leur déglutition était sûre ;

  • à la diminution éventuelle des infections pulmonaires ou des pneumonies grâce à l’amélioration de la déglutition ; et

  • au nombre de personnes dépendantes d’une sonde respiratoire.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études portant sur différents traitements de la déglutition chez les adultes présentant des troubles de la déglutition après un AVC. Les études devaient comparer un traitement aux soins usuels, à l’absence de traitement ou à un traitement placebo (c’est-à-dire un traitement inactif qui ressemble à un véritable traitement). Les soins usuels pouvaient correspondre à n’importe quel traitement ou association de traitements, mais devaient être identiques pour toutes les personnes participant aux études.

Nous avons lu attentivement les études et consigné leurs résultats. Nous avons également évalué le degré de confiance dans les résultats en examinant la taille des essais et la qualité de leur réalisation.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 181 études portant sur 11 500 personnes.

  • Sévérité des troubles de la déglutition après le traitement : l’acupuncture, les exercices de déglutition et les médicaments pourraient réduire les troubles de la déglutition, mais les données probantes sont très incertaines. La stimulation physique et la stimulation magnétique du cerveau (TBS, TMS) pourraient réduire les troubles de la déglutition, tandis que la SENM, la tDCS, la stimulation de nerfs et les traitements combinés les réduisent probablement. La PES pourrait avoir peu ou pas d’effet.

  • Nombre de personnes présentant des troubles de la déglutition à la fin du traitement : l’acupuncture réduit probablement le nombre de personnes présentant des troubles de la déglutition à la fin du traitement, la stimulation physique et la tDCS pourraient également réduire ce nombre. Nous ne sommes pas certains des effets des exercices de déglutition et de la SENM. Les médicaments pourraient réduire ce nombre, tandis que la PES et les traitements combinés pourraient avoir peu ou pas d’effet.

  • Sécurité de la déglutition : l’acupuncture et la TMS améliorent probablement la sécurité de la déglutition, tandis que les exercices de déglutition et la PES pourraient l’améliorer. La TBS pourrait améliorer la sécurité de la déglutition, et la SENM et la tDCS pourraient avoir peu ou pas d’effet, mais les données probantes sont très incertaines.

  • Infections pulmonaires ou pneumonies : les médicaments réduisent probablement le nombre d’infections pulmonaires ou de pneumonies, et l’acupuncture, les exercices de déglutition, la PES et la stimulation physique pourraient le réduire. Nous ne sommes pas certains des effets de la SENM. Les traitements combinés ne réduisent probablement pas le nombre d’infections pulmonaires ou de pneumonies.

  • Besoin d’une sonde respiratoire : la PES réduit probablement le nombre de personnes dépendantes d’une sonde respiratoire. Nous avons de grandes incertitudes quant aux effets des exercices de déglutition.

Quelles sont les limites des données probantes ?

De nombreuses études étaient de petite taille et de qualité insuffisante. Il est donc plus difficile d’avoir confiance dans leurs résultats. Les futures études devraient utiliser des méthodes plus fiables et inclure davantage de participants afin que nous puissions avoir davantage confiance dans les résultats. Étant donné que plusieurs des types de traitement de la déglutition ont fait appel à des méthodes d’administration différentes, nous ne savons pas encore exactement laquelle de ces méthodes est la plus efficace pour chaque type de traitement.

Dans quelle mesure ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en juillet 2025. Il s’agit d’une mise à jour de la revue initialement publiée en 1999, et actualisée en 2012 et 2018.

Wilkinson G, Everton LF, Bath PM, Benfield JK

Problématique de la revue

2 weeks 5 days ago
Quels sont les bénéfices et risques à long terme des différents types de chirurgie bariatrique (également appelée chirurgie métabolique) pour traiter l’obésité et le diabète de type 2 chez les adultes ?Principaux messages
  • Chez les personnes atteintes d’obésité et de diabète de type 2, le bypass gastrique (c’est-à-dire le pontage gastrique de Roux-en-Y et le pontage gastrique à anastomose unique) pourrait être la solution la plus bénéfique pour améliorer le poids corporel, le tour de taille, l’état du diabète de type 2 et la glycémie à long terme, au moins cinq ans après l’intervention. Toutefois, nous avons de grandes incertitudes quant aux résultats concernant le pontage gastrique à anastomose unique.

  • On ignore si les différentes interventions chirurgicales ont un effet sur les risques, tels que les effets indésirables graves sur la santé et la mortalité toutes causes confondues, au moins cinq ans après l’intervention.

  • Des études de plus grande envergure et mieux conçues pourraient contribuer à réduire les incertitudes actuelles et à renforcer notre confiance dans ces résultats.

Qu’est-ce que l’obésité et le diabète de type 2 ?
L’obésité est un état caractérisé par un excès de graisse corporelle pouvant nuire à la santé. Dans le diabète de type 2, l’organisme a des difficultés à contrôler la glycémie car une hormone nommée insuline ne fonctionne pas correctement. Le diabète de type 2 touche souvent les personnes obèses, et ces deux pathologies augmentent le risque de décès prématuré et d’autres problèmes de santé, tels que les maladies cardiovasculaires.

Comment traite-t-on l’obésité et le diabète de type 2 ?

Un traitement axé sur la modification du mode de vie, comme une alimentation équilibrée, la pratique d’une activité physique et des programmes comportementaux, associées à une prise de médicaments, sont souvent privilégiées en premier lieu pour favoriser la perte de poids et améliorer l’état du diabète. Lorsque ces mesures ne donnent pas les résultats escomptés, la chirurgie métabolique et bariatrique peut être envisagée comme option thérapeutique complémentaire. Il existe différents types de chirurgie bariatrique :

  • l'anneau gastrique ;

  • la sleeve gastrique (ablation d'une partie de l'estomac) ;

  • le bypass gastrique de Roux-en-Y (RYGB) ;

  • le bypass gastrique à anastomose unique, ou mini-bypass gastrique ;

  • la plicature gastrique (repliement de l’estomac visant à réduire sa taille) ;

  • la dérivation bilio-pancréatique avec switch duodénal.

Que voulions-nous savoir ?
  • Parmi les différents types de chirurgie, quelles interventions sont les plus sûres et les plus bénéfiques, quand elles sont comparées entre elles ainsi qu’avec un traitement axé sur la modification du mode de vie et la prise de médicaments, en termes de bénéfices et de risques à long terme (suivi d’au moins cinq ans).

  • Si ces interventions chirurgicales permettent d’améliorer le poids corporel, le tour de taille, l’état du diabète de type 2, la glycémie à long terme et la qualité de vie au moins cinq ans après l’opération.

  • Si la chirurgie a une incidence sur les effets indésirables graves sur la santé, la mortalité toutes causes confondues et les complications du diabète de type 2 au cours de cette période.

Comment avons-nous procédé ?
Nous avons effectué une recherche d’études portant sur des personnes atteintes d’obésité et de diabète de type 2. Nous avons inclus les études comparant au moins deux interventions chirurgicales différentes, ou comparant la chirurgie à un traitement axé sur la modification du mode de vie et la prise de médicaments. Nous avons synthétisé et comparé tous les traitements à l’aide d’une méthode appelée méta-analyse en réseau, et nous avons évalué notre niveau de confiance dans les résultats en fonction de facteurs tels que les méthodes utilisées dans les études et la taille des échantillons.

Qu’avons-nous trouvé ?
Nous avons identifié 18 études, portant sur 15 282 personnes atteintes d’obésité et de diabète de type 2. Dans 13 de ces études (portant sur 911 personnes), les participants ont été répartis de manière aléatoire dans au moins deux groupes de traitement. C’est la meilleure façon de s’assurer que les groupes de personnes sont similaires. Cinq études (portant sur 14 371 personnes) ont utilisé des données d’observation « en conditions réelles ». Ces études portaient sur des interventions chirurgicales telles que l’anneau gastrique, la sleeve gastrique, le bypass gastrique de Roux-en-Y, le bypass gastrique à anastomose unique et la plicature gastrique. Nous avons déterminé que :

  • Le bypass gastrique de Roux-en-Y pourrait permettre une perte de poids et probablement une réduction du tour de taille à long terme, par rapport à un traitement axé sur la modification du mode de vie et la prise de médicaments.

  • Le bypass gastrique à anastomose unique et, dans une moindre mesure, la sleeve gastrique, pourraient également entraîner une perte de poids et une réduction du tour de taille, mais nous avons de grandes incertitudes quant à ces résultats.

  • Le bypass gastrique de Roux-en-Y, le bypass gastrique à anastomose unique, la sleeve gastrique et l’anneau gastrique pourraient améliorer l’état du diabète de type 2, mais nous avons de grandes incertitudes quant à ces résultats.

  • On ignore si les différents types de chirurgie ont des conséquences sur les effets indésirables graves ou sur la mortalité toutes causes confondues.

  • Le bypass gastrique de Roux-en-Y pourrait réduire les complications du diabète de type 2 à long terme par rapport aux traitements non chirurgicaux, mais nous avons de très fortes incertitudes quant à ces résultats.

  • Le bypass gastrique de Roux-en-Y pourrait améliorer la glycémie par rapport aux traitements non chirurgicaux.

  • Le bypass gastrique à anastomose unique et la sleeve gastrique pourraient également améliorer la glycémie, mais nous avons de grandes incertitudes quant à ces résultats.

  • Le bypass gastrique de Roux-en-Y et la sleeve gastrique pourraient entraîner une amélioration plus importante de la qualité de vie liée à la santé que les traitements non chirurgicaux, mais là encore, le niveau de confiance concernant ces résultats est très faible.

Quelles sont les limites des données probantes ?
Notre confiance dans les données probantes est souvent faible ou très faible car les études n’ont porté que sur un petit nombre de personnes, et les résultats concernant certains critères de jugement, en particulier les effets indésirables graves sur la santé, la mortalité toutes causes confondues et les complications du diabète de type 2, reposaient sur un nombre très limité d’événements. De plus, pour plusieurs interventions chirurgicales, le nombre d'études était insuffisant pour avoir des certitudes sur les critères de jugement. Il est important de noter que l’évaluation de notre niveau de confiance dans les résultats s’est fondée uniquement sur des études dans lesquelles les participants ont été répartis de manière aléatoire dans des groupes et n’a pas inclus d’études observationnelles.

Ces données probantes sont-elles à jour ?
Ces données probantes ont été actualisées en juin 2024.

Kiesswetter E, Gorenflo L, Schwarzer G, Stadelmaier J, Wallerer S, Marjanovic G, Fink JM, Lehane C, Metzendorf MI, Meerpohl J, Schwingshackl L

Que savons-nous des différentes méthodes de prévention de la dengue ?

2 weeks 5 days ago
Principaux messages
  • Les vaccins constituent une méthode bien étudiée de prévention de la dengue. La plupart des recherches visent à déterminer si les vaccins sont efficaces et sûrs. On dispose de moins d’informations sur la manière dont les vaccins sont proposés à la population et sur les éventuels changements de comportement des personnes vaccinées.

  • D'autres axes de recherche courants sont l'éducation communautaire, telle que l’apprentissage aux enfants scolarisés des moyens de lutter contre les moustiques, et les modifications de l'environnement, par exemple l'élimination des zones où les moustiques pourraient vivre. La plupart de ces recherches examinent les effets de ces méthodes sur les moustiques. Peu de recherches s’intéressent aux effets de ces méthodes sur la propagation de la maladie.

  • Cette carte des lacunes dans les données probantes met en évidence les domaines où les données probantes existent et ceux où subsistent d’importantes lacunes critiques. Parmi les lacunes critiques figurent : la compréhension du profil des personnes incluses dans les études ; et la manière dont les différentes méthodes ont été utilisées. Nous avons besoin de données probantes supplémentaires dans ces domaines pour aider les populations à prendre des décisions en matière de prévention de la dengue.

Qu'est-ce que la dengue, et pourquoi la prévention est-elle importante ?

La dengue est une maladie causée par un virus transmis par un type spécifique de moustique appelé « Aedes ». La dengue se transmet lorsque ces moustiques piquent les personnes. Elle provoque des symptômes semblables à ceux de la grippe, pouvant évoluer vers une forme plus grave chez environ une personne sur 20, voire entraîner la mort dans certains cas. En 2023, on a recensé plus de 6,5 millions de cas de dengue et plus de 7 300 décès liés à cette maladie dans le monde. La plupart des personnes atteintes de dengue vivent dans des pays à revenu faible et intermédiaire, où les systèmes de santé disposent souvent de peu de ressources pour prévenir la dengue. La dengue s’est récemment propagée, car le réchauffement climatique et l’évolution des régimes pluviométriques ont créé davantage de zones propices à la prolifération des moustiques.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions identifier les données probantes sur la prévention de la dengue et les lacunes importantes qui subsistent. Notre objectif était de cartographier les données probantes disponibles pour chaque méthode de prévention de la dengue, et de déterminer si certaines méthodes et certains moyens d’évaluation des résultats avaient été davantage étudiés que d’autres. Cela devrait nous indiquer sur quoi concentrer les futurs efforts de recherche afin de fournir les informations pertinentes aux personnes œuvrant à la prévention de la dengue. Cette carte des lacunes dans les données probantes ne vise pas à évaluer l’efficacité d’une méthode quelconque.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons cherché les données probantes sur la prévention de la dengue. Ces données probantes pouvaient provenir d’« études primaires », dans lesquelles de nouvelles données sont recueillies directement à la source, par exemple en comparant deux méthodes, ou de « revues systématiques », qui combinent et analysent les résultats de plusieurs études primaires. Nous avons ensuite cartographié les données probantes en fonction :

  • du type de méthode de prévention (par exemple, vaccins, éducation communautaire, gestion de l’environnement) ;

  • de ce que les données probantes mesuraient (effets sur les moustiques, propagation de la maladie, effets comportementaux, modalités de mise en œuvre, sécurité, coûts) ;

  • du plan d'étude ; et

  • des pays où les études ont été menées.

Notre objectif étant de cartographier le nombre et le type d’études disponibles, nous n’avons pas évalué la qualité de la conception et de la conduite de ces études, ni le degré de confiance à accorder à leurs résultats. Toutefois, lorsque nous avons identifié des revues de grande envergure résumant plusieurs études, nous avons évalué notre niveau de confiance dans les données probantes et déterminé dans quelle mesure ces revues pouvaient être utiles aux décideurs politiques chargés de la lutte contre la dengue.

Nous avons demandé à des médecins et à des personnes travaillant dans la lutte contre la dengue de nous aider à :

  • éclairer les décisions concernant les méthodes de prévention et les critères de mesure de l’impact à inclure ;

  • identifier des études supplémentaires ;

  • s’assurer que la carte des lacunes était utilisable et pertinente ; et

  • hiérarchiser les lacunes identifiées à partir de la carte.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons recensé 550 études menées dans de nombreux pays, principalement dans des régions à revenu faible et intermédiaire. Nous avons constaté que certaines méthodes avaient plus d’études que d’autres. Les études mesuraient également des éléments différents. Par exemple, certaines examinaient le nombre de personnes atteintes de dengue, tandis que d’autres s’intéressaient aux changements de comportement.

  • Les vaccins étaient une méthode fréquemment étudiée, avec 99 études et 4 revues, qui se concentraient principalement sur l’efficacité des vaccins et leur innocuité.

  • D’autres méthodes - en particulier l’éducation communautaire (187 études) et la gestion de l’environnement (83 études) - ont surtout été évaluées par des études mesurant les effets sur les moustiques ou les changements de comportement des personnes, tandis que beaucoup moins d’études ont évalué les cas de dengue, les formes graves de la maladie ou les critères de jugement de mise en œuvre (c’est-à-dire des mesures concernant l’ampleur et la qualité de la mise en œuvre d’une méthode).

  • Très peu d’études portant sur des interventions autres que les vaccins ont mesuré les risques ou les coûts, ce qui limite la pertinence des données probantes pour la planification concrète des programmes.

  • Des synthèses de données probantes utiles étaient disponibles pour certaines méthodes, mais pas pour d’autres. Nous avons trouvé plusieurs revues portant sur certaines méthodes (par exemple, les vaccins), mais d’autres méthodes ne faisaient l’objet que de revues obsolètes ou de faible qualité, bien que ces méthodes aient été testées dans de nombreuses études de recherche.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Les études ne fournissaient pas beaucoup d’informations sur les types de personnes incluses ni sur la manière dont les différentes méthodes étaient utilisées. Cela limite notre capacité à comprendre dans quelle mesure la recherche actuelle prend en compte les différences injustes en matière de santé entre différents groupes de personnes (inégalités de santé) et à étayer les décisions gouvernementales concernant la lutte contre la dengue dans différentes régions du monde.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour jusqu’en août 2025.

Choi L, Guedes Alcoforado Aguiar B, Wisniewski S, Modesto ACF, Lopes LP, Salvador Carrillo J, Moura MDel Grossi, Noel-Storr AH, Parker R, Lopes LC

Les mouvements doux visant à stimuler l’oreille interne et le cerveau (stimulation vestibulaire) améliorent-ils la santé des bébés nés avant neuf mois de grossesse ?

2 weeks 6 days ago
Principaux messages
  • Nous ne sommes pas certains des effets du bercement des prématurés visant à stimuler leur oreille interne et leur cerveau (stimulation vestibulaire) sur la mortalité par rapport à l'absence de stimulation ; il pourrait y avoir peu ou pas de différence en termes de prise de poids.

  • Nous avons identifié trop peu d’études rapportant les effets de la stimulation vestibulaire sur le développement physique ou mental, tels que les difficultés d’apprentissage, la paralysie cérébrale ou la cécité. Aucune étude n’a comparé un type de stimulation vestibulaire à un autre ; il est donc difficile de déterminer quels types de stimulation vestibulaire seraient les plus efficaces.

  • Les futures études devraient être de plus grande envergure, utiliser des méthodes plus rigoureuses, et définir et présenter leurs résultats de manière plus claire.

Qu'est-ce que le système vestibulaire ?

Le système vestibulaire est un système sensoriel situé au niveau de l’oreille interne et du cerveau. Il contrôle l’équilibre et la coordination physique. Il nous aide à maintenir notre posture debout, assis ou en marche ; il aide notre cerveau à traiter ce que nous voyons et entendons. Il est essentiel pour nous orienter dans notre quotidien. Comme les autres organes et systèmes sensoriels, le système vestibulaire se développe durant la grossesse.

Qu'est-ce que la stimulation vestibulaire ?

La stimulation vestibulaire implique des mouvements du corps comme se bercer, se balancer, rouler, tourner et rebondir. Dans l’utérus, les bébés reçoivent ce type de stimulation à travers les mouvements de la mère. Après la naissance, les bébés reçoivent ce type de stimulation lorsqu’on les prend dans les bras, les nourrit, les lave et les change, joue avec eux et les retourne sur le ventre ou sur le côté. Les prématurés, nés avant le neuvième mois de grossesse, peuvent ne pas recevoir autant de ce type de stimulation que les bébés nés à terme, car ils peuvent être assez petits et fragiles, ou malades et placés en couveuse. Cela peut affecter leur développement physique et mental. Par exemple, ils peuvent développer des problèmes respiratoires, ne pas prendre de poids, ou être sourds ou aveugles.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer si la stimulation du système vestibulaire des prématurés hospitalisés par des mouvements de bercement doux, des changements de position, des balancements dans un hamac ou en les allongeant sur un matelas à eau ou un matelas pneumatique, pouvait être bénéfique et bien tolérée pour leur bien-être à court et à long terme. Plus précisément, nous souhaitions déterminer si la stimulation vestibulaire pourrait :

  • réduire le nombre de bébés présentant des retards physiques ou mentaux entre 18 et 24 mois ;

  • favoriser la prise de poids des nourrissons ;

  • réduire la mortalité chez les bébés pendant leur hospitalisation après la naissance.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons effectué des recherches pour trouver des études menées dans des unités de soins intensifs néonatals comparant :

  • tout type de stimulation vestibulaire à l’absence de stimulation vestibulaire ;

  • un type de stimulation vestibulaire à un autre. Par exemple, le balancement dans un hamac par rapport au balancement sur un matelas à eau.

Nous avons comparé et récapitulé les résultats des études et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en fonction de facteurs tels que la taille de l’étude (nombre de bébés) et les méthodes utilisées.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 4 études portant sur 196 prématurés. Trois études ont été menées aux États-Unis et une au Canada. Dans toutes les études, la stimulation vestibulaire a été réalisée par des professionnels de la santé. Les études ont examiné différents types de stimulation vestibulaire.

  • Une étude a évalué la stimulation vestibulaire à l’aide d’un matelas pneumatique se balançant d’avant en arrière à un rythme régulier.

  • Une étude a évalué la stimulation vestibulaire à l'aide d'un matelas à eau se balançant d'avant en arrière à un rythme régulier.

  • Une étude a évalué le bercement.

  • Une étude a évalué la stimulation à l'aide d'un fauteuil à bascule (VestibuGlide).

Aucune étude n’a fourni de données probantes concernant des handicaps tels que la paralysie cérébrale, un retard de développement physique ou mental, la cécité ou la surdité. Nous n’avons trouvé aucune étude comparant directement différents types de stimulation vestibulaire.

Principaux résultatsStimulation vestibulaire comparée à l’absence d’intervention

Il est très difficile de déterminer si la stimulation vestibulaire comparée à l’absence de stimulation aurait un effet sur la mortalité (1 étude, 122 bébés).

Trois études (169 bébés) ont porté sur la prise de poids, mais elles en donnaient des définitions différentes et l’ont mesurée sur des périodes différentes ; nous n’avons donc pas pu combiner leurs résultats. Nous ne savons pas si la stimulation vestibulaire aurait une incidence sur la prise de poids par rapport à l’absence de stimulation.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous accordons peu de crédit à ces résultats, car le peu d’études trouvées n’étaient pas bien conçues et portaient sur un petit nombre de bébés. Plusieurs études n’ont rien rapporté sur les critères de jugement ou ne disposaient pas de données qui nous intéressaient.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu’au 26 octobre 2025.

Prescott MG, Lenells M, Fiander M, Soll RF, Bruschettini M, Wróblewska-Seniuk K, supported by Cochrane Sweden and Cochrane Neonatal

À quelle fréquence, à quel moment et quelles valeurs cibles utiliser pour mesurer la glycémie chez les adultes atteints de diabète de type 1 ?

2 weeks 6 days ago
Principaux messages
  • D’après les trois études incluses, nous avons constaté qu’effectuer des mesures de la glycémie plus fréquentes pourrait aider les personnes à mieux contrôler leur glycémie au fil du temps, bien que le niveau de confiance des données probantes soit très faible.

  • De futures études sont nécessaires pour déterminer la meilleure façon pour les personnes atteintes de diabète de type 1 de contrôler leur glycémie à domicile, notamment la fréquence des contrôles, à quels moments et quelles valeurs cibles viser, afin de fournir des recommandations claires aux personnes concernées et à leurs médecins.

  • Les personnes souhaitant savoir à quelle fréquence contrôler leur glycémie doivent en parler à leur professionnel de santé, car le choix le plus approprié peut dépendre des besoins spécifiques du patient.

Qu'est-ce que le diabète de type 1 ?

Le diabète de type 1 est une maladie chronique qui survient lorsque l’organisme ne produit plus d’insuline. L’insuline est une hormone qui transforme les aliments en énergie et régule le taux de sucre dans le sang. Les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent s'injecter de l'insuline tous les jours. Beaucoup mesurent également leur glycémie régulièrement, ce qui peut les aider à adapter les doses d’insuline et à gérer leur alimentation, leur activité physique et leurs activités quotidiennes de manière plus sûre. Les personnes atteintes de diabète de type 1 mesurent généralement leur glycémie entre 4 et 10 fois par jour.

Les recommandations proposent différentes façons de contrôler sa glycémie. On ne sait toujours pas quelle approche est la plus efficace, en particulier lorsque les bandelettes de test ou d’autres ressources sont limitées.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions déterminer quelle méthode de contrôle de la glycémie quotidienne était la plus efficace pour les adultes atteints de diabète de type 1. Cela inclut le nombre de fois par jour où peut être nécessaire de mesurer leur glycémie, les moments de la journée où ces mesures sont les plus utiles, ainsi que les valeurs glycémiques à essayer de maintenir. Nous souhaitions également savoir si les différentes méthodes de contrôle de la glycémie avaient une incidence sur la santé et le bien-être quotidien des personnes concernées.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant différentes méthodes de contrôle de la glycémie chez des adultes âgés de 18 ans et plus atteints de diabète de type 1. Ces études portaient notamment sur la fréquence des mesures, les moments de la journée où ces mesures étaient effectuées et les valeurs glycémiques que les personnes cherchaient à atteindre. Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, puis évalué le niveau de confiance des données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié trois études portant sur 16 481 adultes atteints de diabète de type 1. Ces trois études se sont uniquement intéressées à la fréquence des mesures de la glycémie. Aucune étude n’a rapporté de données probantes sur les moments de la journée les plus appropriés pour mesurer la glycémie, ni sur les meilleures valeurs cibles à utiliser.

  • Dans une étude (123 participants), les personnes qui contrôlaient leur glycémie de manière plus rigoureuse tout au long de la journée auraient pu présenter, au bout de neuf mois, des taux de glycémie légèrement inférieurs à ceux des personnes recevant des soins usuels conformément aux recommandations standard en matière de diabète, mais les données probantes sont très incertaines.

  • Dans les deux autres études (16 358 personnes), qui ont suivi les participants pendant une période allant jusqu’à deux ans, ceux qui contrôlaient leur glycémie plus souvent avaient tendance à présenter un meilleur contrôle glycémique. Ceux qui effectuaient des contrôles plus fréquents présentaient les taux de glycémie les plus bas. Toutefois, ces données probantes sont très incertaines.

Les études que nous avons identifiées vont toutes dans le même sens, suggérant un bénéfice lié à des contrôles plus fréquents.

Aucune étude n’a rapporté d’effets sur :

  • les épisodes d’hypoglycémie ;

  • l'acidocétose diabétique, une complication potentiellement mortelle du diabète qui peut survenir en cas de manque d'insuline ;

  • les complications à long terme du diabète ; ou

  • la qualité de vie.

Les personnes qui s'interrogent sur la fréquence à laquelle elles doivent contrôler leur glycémie devraient en discuter avec leur professionnel de santé, car le choix le plus approprié peut dépendre de la situation de chacun.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre niveau de confiance dans les données probantes est très faible. Les études étaient peu nombreuses, de petite taille ou présentaient des problèmes méthodologiques. Par conséquent, nous ne savons toujours pas à quelle fréquence les adultes atteints de diabète de type 1 devraient mesurer leur glycémie, quels sont les moments de la journée les plus appropriés pour le faire, ni quelles valeurs de glycémie ils devraient cibler.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en janvier 2026.

Taneri PE, Bongaerts B, Shokraee K, Thinakaran K, Wolf MV, Metzendorf MI, Roglic G, Franco JVA, Guo Y

Quels sont les effets de l’activité physique chez les adolescents obèses ?

2 weeks 6 days ago
Principaux messages
  • Tout type d’activité physique, comparé à l’absence d’activité physique, pourrait entraîner une légère réduction du poids corporel, du tour de taille et du pourcentage de graisse corporelle chez les adolescents obèses.

  • Nous ne savons pas si l’activité physique, comparée à l’absence d’activité physique, a un effet sur d’autres paramètres liés au poids, à la taille ou aux problèmes de santé liés à l’obésité.

  • Des études de plus grande envergure, de plus longue durée et de meilleure qualité sont nécessaires pour mieux cerner les effets de l’activité physique chez les adolescents obèses.

Qu'est-ce que l'obésité ?

On parle d’obésité lorsqu’une personne présente un excès de graisse corporelle qui représente un risque pour sa santé. À l’échelle mondiale, l’obésité chez les adolescents (âgés de 10 à 19 ans) a triplé depuis 1990, et plus de 300 millions d’enfants et d’adolescents pourraient être touchés par l’obésité d’ici 2050.

L’obésité pendant l’enfance et l’adolescence peut avoir des répercussions négatives sur la santé physique et mentale, et pourrait augmenter le risque de développer un cancer, une maladie du foie ou une maladie rénale à l’âge adulte.

La perte de poids est le meilleur moyen de réduire les risques pour la santé liés à l’obésité. Elle passe généralement par des changements de mode de vie, tels que la pratique d’une activité physique plus régulière (par exemple, la natation, la course à pied ou la musculation) et une alimentation plus saine, ou encore par une intervention chirurgicale ou un traitement médicamenteux.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer si l’activité physique, par rapport à l’absence d’activité physique, aidait les adolescents obèses :

  • à perdre du poids et à réduire leur IMC (l’« indice de masse corporelle » sert à vérifier si le poids d’une personne est sain ; il correspond au poids divisé par le carré de la taille), leur score z de l’IMC (qui compare l’IMC d’une personne à celui d’autres personnes du même âge et du même sexe), leur tour de taille et leur pourcentage de graisse corporelle ;

  • à réduire leur glycémie et leur résistance à l’insuline (l’insuline est une hormone qui aide à réguler la glycémie).

Nous voulions également savoir si un type d’activité physique était plus efficace qu’un autre pour produire ces effets, et si les programmes d’activité physique entraînaient des événements indésirables ou dommageables.

Qu’avons-nous fait ?

Nous avons recherché des études comparant la pratique d’une activité physique (telle que l’aérobic, la musculation ou le football) à :

  • l’absence d’activité physique ;

  • un autre type d’activité physique (par exemple, des exercices de haute intensité par rapport à des exercices d’intensité modérée).

Les adolescents devaient pratiquer ces activités physiques pendant au moins 12 semaines. Nous avons comparé et résumé les résultats des études et évalué le niveau de confiance des données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes utilisées dans les études et le nombre de participants.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 30 études portant sur 1 508 adolescents. Ces études étaient de petite taille : la plus petite incluait seulement 21 adolescents et la plus grande 106. Un peu moins de la moitié des adolescents concernés étaient des filles (46 %). Leur âge moyen variait de 10 ans à près de 17 ans. Les études ont été menées dans 15 pays : Cinq en Tunisie ; 4 en Chine et en Iran ; 3 au Brésil ; 2 par pays au Canada, en Espagne et aux États-Unis ; et 1 par pays en Australie, en Estonie, en Inde, au Mexique, en Corée du Sud, en Suède, à Taïwan et en Thaïlande.

La plupart des études ont duré 12 ou 13 semaines ; l’étude la plus longue a duré 32 semaines.

Nous avons classé les résultats des études en deux grandes catégories :

  • comparaison de tout type d’activité physique (par exemple, exercices d’aérobic, jeux vidéo actifs) avec l’absence d’activité physique (22 études) ;

  • comparaison entre un type d’activité physique et un autre (17 études).

Principaux résultatsComparaison entre une activité physique et l’absence d’activité physique

Par rapport à l'absence d'activité physique, tout type d'activité physique pourrait réduire légèrement :

  • le poids corporel : les adolescents des groupes actifs pesaient en moyenne 1,88 kg de moins (17 études, 749 adolescents) ;

  • le tour de taille : dans les groupes actifs, le tour de taille moyen des adolescents était inférieur de 2,88 cm (10 études, 476 adolescents) ;

  • le pourcentage de graisse corporelle : dans les groupes actifs, le pourcentage moyen de graisse corporelle des adolescents était inférieur de 2,96 % (9 études, 313 adolescents).

L’effet de l’activité physique est très incertain en ce qui concerne :

  • l’IMC ;

  • le score z de l’IMC ;

  • la glycémie ;

  • la résistance à l’insuline ;

  • les événements indésirables et dommageables.

Comparaison entre un type d’activité physique et un autre

Nous sommes très peu confiants concernant l’effet d’un type d’activité physique par rapport à un autre sur l’ensemble des critères qui nous intéressaient.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est limitée pour les raisons suivantes :

  • les études étaient de petite taille ;

  • les types d’activités physiques étaient variables ;

  • le rapport des études sur les méthodes et les résultats était incomplet ;

  • certaines études n'ont pas rapporté l’intégralité de leurs résultats ;

  • aucune étude n'a fait état d'événements indésirables ou dommageables.

Les études comparant deux types d'activité physique différents étaient très hétérogènes, et de ce fait il nous était impossible la plupart du temps de combiner leurs résultats pour obtenir des données probantes. Par conséquent, nous ne savons pas si un type d’activité physique est meilleur qu’un autre.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Ces données probantes ont été actualisées en décembre 2025.

Meneses-Echavez JF, Chavez Guapo N, Loaiza-Betancur AF, Iglesias Gonzalez LE, Escobar Liquitay CM, Bidonde J

Quels sont les bénéfices et risques liés à l’administration d’une quantité plus élevée ou plus faible de globules rouges lors d’une transfusion sanguine ?

3 weeks ago
Principaux messages
  • Il est possible que l'administration de quantités plus faibles de globules rouges aux adultes lors d'une transfusion sanguine n’ait pas d'incidence sur le risque de décès, la durée du séjour à l'hôpital ou les effets indésirables du traitement, si on la compare à l'administration de quantités plus élevées de globules rouges, mais les données probantes issues de certaines études ne sont pas claires.

  • Cela pourrait cependant permettre de réduire la quantité de sang administrée lors d’une transfusion, ce qui représente une économie ; dans ce cas il y a davantage de sang disponible pour d’autres personnes ayant besoin d’une transfusion.

  • Nous n’avons pas trouvé suffisamment d’informations pour déterminer s’il est préférable d’administrer des quantités plus élevées ou plus faibles de globules rouges aux enfants ou aux nourrissons ayant besoin d’une transfusion.

Qu’est-ce qu’une transfusion sanguine ?

Chez de nombreuses personnes hospitalisées, le nombre de globules rouges sains qui transportent l’oxygène dans leur organisme est insuffisant, ce qui peut les fatiguer, les affaiblir ou les essouffler. Ce trouble s’appelle l’anémie et on peut le traiter de plusieurs façons différentes. Parfois, les patients peuvent avoir besoin du sang supplémentaire (une transfusion sanguine). Les globules rouges constituent une partie importante de ce sang supplémentaire. Cependant, les médecins disposent de peu d’informations sur la quantité de globules rouges (le « volume de globules rouges ») à administrer.

Chez l’adulte, le volume des globules rouges dans le sang peut être mesuré en unités (par exemple, une unité de globules rouges). Pour les nourrissons et les enfants, les médecins administrent une quantité déterminée en fonction du poids de l’enfant. Par exemple, ils peuvent administrer 20 ml de globules rouges par kilogramme de poids (20 ml/kg). La transfusion sanguine comportant certains risques et les réserves de sang étant limitées, il a été recommandé aux médecins d’administrer la plus petite quantité efficace aux adultes. Actuellement, il est recommandé d’administrer une unité de globules rouges (plutôt que deux unités) aux adultes hospitalisés qui ne présentent pas d’hémorragie et dont l’état ne change pas rapidement. Chez les enfants et les nouveau-nés, il n’existe pas de quantité standard recommandée pour la transfusion.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer si l’administration d’une quantité plus faible de globules rouges était bien tolérée chez les adultes, les enfants et les nouveau-nés hospitalisés ayant besoin d’une transfusion sanguine. Nous avons examiné si les patients restaient plus longtemps à l’hôpital, s’ils présentaient des effets indésirables liés au traitement, des problèmes cardiaques, respiratoires ou touchant d’autres systèmes de l’organisme, s’ils recommençaient à saigner, et quelle quantité de globules rouges leur avait été administrée.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études qui comparaient deux volumes différents de transfusion de globules rouges chez des patients hospitalisés. Par exemple, deux unités de globules rouges par rapport à une unité de globules rouges chez les adultes, ou 20 ml/kg par rapport à 10 ml/kg chez les enfants. Nous avons comparé et résumé les résultats des études, et évalué le niveau de confiance des données probantes en nous basant sur des facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 12 études portant sur 5 478 personnes. Neuf études portaient sur un total de 1 945 adultes ; l’une concernait des femmes ayant besoin d’une transfusion sanguine après l’accouchement et les autres concernaient des personnes ayant besoin d’une transfusion sanguine en raison d’un cancer du sang. Une étude portait sur 3 199 enfants anémiques âgés de deux mois à 12 ans, et deux études portaient sur un total de 334 nouveau-nés nés avant 32 semaines de grossesse.

Chez les adultes, lorsque l’on compare une unité de globules rouges à deux unités de globules rouges pour une transfusion sanguine unique, il ne semble pas y avoir d’augmentation du risque de décès, ni d’allongement de la durée d’hospitalisation, ni d’augmentation des effets indésirables liés à la transfusion, tels que la formation de caillots sanguins (thrombose) ou la réapparition de saignements. Toutefois, les données probantes sont incertaines.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous accordons peu de crédit à la plupart des données probantes que nous avons trouvées, car le nombre d’études était insuffisant pour tirer des conclusions certaines quant aux résultats. Dans certaines études, il est possible que les participants aient eu connaissance du traitement administré. Dans certaines de ces études, les participants n’ont pas été répartis de manière aléatoire dans les différents groupes de traitement. Cela signifie que les différences entre les groupes pourraient être dues à des différences entre les personnes plutôt qu'entre les traitements.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en août 2025.

Roumeliotis N, Sabbagh G, Belkacem M, Dodin P, Du Pont-Thibodeau G, Callum J, Tucci M, Carrier FM, Lacroix J

L'utilisation d'une aiguille (ponction veineuse) est-elle préférable à l’utilisation d'un dispositif (lancette pour le talon) pour prélever un échantillon sanguin chez les nouveau-nés à terme ?

3 weeks ago
Principaux messages
  • La ponction veineuse (insertion d’une aiguille dans une veine) pourrait être moins douloureuse que la ponction au talon (utilisation d’un dispositif spécial pour percer la peau) chez les nouveau-nés lors d’un prélèvement sanguin, avec ou sans eau sucrée pour soulager la douleur, et pourrait réduire la nécessité de faire plus d’une ponction cutanée lorsqu’aucune eau sucrée n’est administrée pour soulager la douleur.

  • Nous ne savons pas si la ponction veineuse permet d'éviter de devoir effectuer plusieurs ponctions cutanées par rapport à la ponction au talon lorsque de l'eau sucrée est administrée pour soulager la douleur.

  • Des études mieux conçues et de plus grande envergure, dont les résultats seraient présentés de manière complète, sont nécessaires pour déterminer quelle méthode est la plus adaptée aux bébés.

Pourquoi prélève-t-on des échantillons sanguins chez les nouveau-nés ?

Dans la plupart des pays, un prélèvement sanguin chez les nouveau-nés est nécessaire pour les tests de dépistage de routine. Des prélèvements sanguins peuvent également être nécessaires pour d’autres analyses sanguines visant à diagnostiquer et à prendre en charge des maladies telles que la jaunisse ou une glycémie basse (l’hypoglycémie). Cependant, le prélèvement sanguin chez les bébés est douloureux. Une douleur non traitée chez les nouveau-nés peut avoir des répercussions sur leur croissance physique et leur développement cérébral. Une solution sucrée (telle que le saccharose) peut être administrée aux bébés avant l'intervention, ce qui contribue à réduire la douleur. Il est difficile de mesurer la douleur chez les bébés, mais on s'appuie sur des éléments tels que les expressions faciales, les pleurs et les variations de la fréquence cardiaque pour évaluer leur douleur.

Comment les prélèvements sanguins sont-ils effectués ?Ponction veineuse

La ponction veineuse est une méthode de prélèvement sanguin consistant à percer directement la veine à l’aide d’une aiguille. La personne qui pratique cette intervention doit être bien formée pour s’assurer que le prélèvement sanguin est effectué avec succès. Cette technique est souvent utilisée lorsqu'il faut prélever 1 ml de sang ou plus, et pour éviter les ponctions répétées de la peau et les complications associées (telles que les infections cutanées) liées à la ponction au talon.

Ponction au talon

La ponction au talon est la méthode standard de prélèvement sanguin chez les nouveau-nés dans les hôpitaux du monde entier. Elle est couramment utilisée lorsque le volume de sang requis est inférieur à 1 ml. Elle ne nécessite ni formation ni expertise particulières pour être réalisée avec succès. L’intervention consiste à pratiquer une petite ponction (d'une profondeur entre 1 et 2 mm) au talon du pied à l'aide d'une lancette, qui est généralement un dispositif automatique. Après la ponction, on comprime le talon du nourrisson pour recueillir l'échantillon de sang nécessaire, ce qui provoque une douleur supplémentaire.

Que voulions-nous déterminer ?

Nous voulions déterminer :

  • si la ponction veineuse est moins douloureuse que la ponction au talon pour les nouveau-nés ; et

  • quelle procédure donne les meilleurs résultats dès la première tentative, évitant ainsi une deuxième ponction cutanée.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la ponction veineuse et la ponction au talon pour le prélèvement sanguin chez les nouveau-nés. Les études devaient mesurer les réactions à la douleur et le nombre de ponctions cutanées nécessaires pour obtenir un prélèvement réussi. Elles devaient également indiquer si les bébés recevaient une solution sucrée pour soulager la douleur. Les bébés participant aux études devaient être en bonne santé et nés à terme. Nous avons comparé et résumé les résultats des études, et évalué le niveau de confiance des données probantes en nous basant sur des facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus huit études portant sur 826 nouveau-nés à terme. Trois études ont été menées en Suède et une dans chacun des pays suivants : Japon, Malaisie, Népal, Espagne et Royaume-Uni.

Lorsqu’aucune solution au goût sucré n’était administrée :

  • la ponction veineuse provoque probablement moins de douleur que la ponction au talon (6 études, 488 bébés) ; et

  • la ponction veineuse réduit probablement la nécessité de plus d’une ponction cutanée par rapport à la ponction au talon (6 études, 397 bébés).

Lorsqu'une solution au goût sucré a été administrée :

  • la ponction veineuse pourrait causer moins de douleur que la ponction au talon (3 études, 170 bébés) ; et

  • nous ne savons pas avec certitude quel est l'effet de la ponction veineuse par rapport à la ponction au talon sur la nécessité de plus d’une ponction cutanée (2 études, 110 nourrissons).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes était limitée et variait de modérée à très faible. Cela s’explique par le fait que toutes les études présentaient des limites dans leur mise en œuvre. Celles-ci concernaient notamment la manière dont les bébés ont été répartis dans chaque groupe, la façon dont les études ont présenté leurs résultats et le nombre de bébés inclus dans les études. De plus, les personnes chargées des procédures savaient quelle méthode de prélèvement était utilisée pour chaque bébé, ce qui a pu influencer la manière dont les études ont évalué la douleur.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue actualise notre revue Cochrane de 2011. Les données probantes sont à jour jusqu’en juillet 2025.

Martins G, Fiander M, Taddio A, Shah VS

Le traitement de substitution par l’alpha-1-antitrypsine (traitement de substitution par une protéine prélevée dans le sang de donneurs sains) contribue-t-il à améliorer les symptômes des maladies respiratoires chez les personnes ayant un déficit en al...

3 weeks 3 days ago
Principaux messages
  • Chez les personnes ayant un déficit en alpha-1-antitrypsine, l’administration d’alpha-1-antitrypsine supplémentaire par perfusion intraveineuse (traitement de substitution par voie intraveineuse) peut entraîner une légère augmentation du nombre d’exacerbations (aggravation de la maladie pulmonaire) survenant chaque année, mais pourrait avoir peu ou pas d’effet sur le nombre de décès. Nous ne savons pas avec certitude si le traitement de substitution par voie intraveineuse a un effet sur le nombre de personnes présentant des événements indésirables graves, tels qu’une hospitalisation ou des séquelles irréversibles. L'administration d'alpha-1-antitrypsine supplémentaire par un masque respiratoire (traitement de substitution par inhalation) pourrait avoir peu ou pas d'effet sur le nombre de personnes présentant des événements indésirables graves, et nous ne savons pas si ce traitement a un effet sur les exacerbations.

  • Notre revue n’a porté que sur un petit nombre d’études, et nous accordons peu de confiance aux données probantes.

Qu'est-ce que le déficit en alpha-1-antitrypsine (AATD) ?

L'alpha-1-antitrypsine (AAT) est une protéine qui contribue à protéger nos organes contre les lésions causées par les enzymes de notre propre organisme. Le déficit en AAT (AATD) est une maladie génétique caractérisée par une production insuffisante d'AAT. Il peut entraîner des lésions pulmonaires et une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO ; une affection chronique qui rend la respiration difficile). Les symptômes de l’AATD comprennent l’essoufflement, la toux et la respiration sifflante. Les fumeurs ayant un AATD présentent un risque plus élevé de développer une maladie pulmonaire grave. L’AATD peut également entraîner des problèmes hépatiques. Certaines personnes ayant un AATD peuvent rester en bonne santé tout au long de leur vie.

Qu'est-ce que le traitement de substitution par l'alpha-1-antitrypsine ?

Le traitement de substitution par l'AAT vise à augmenter les taux d'AAT dans le sang et les poumons à l'aide de la protéine AAT prélevée dans le sang de donneurs sains. Le traitement de substitution par l'AAT peut aider à protéger le tissu pulmonaire contre les lésions et à ralentir la progression de la maladie pulmonaire. Il peut être administré par perfusion intraveineuse, par injection sous-cutanée ou par inhalation à l’aide d’un masque respiratoire.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer si le fait de compléter les taux d’AAT chez les personnes ayant une AATD pouvait réduire le nombre d’exacerbations (aggravation de la maladie), le nombre de décès et le nombre de personnes présentant des événements indésirables graves, tels qu’une hospitalisation ou des séquelles permanentes. Notre revue s’est concentrée sur les résultats les plus importants pour les personnes ayant cette maladie.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant un traitement de substitution par l'AAT, quelle que soit la voie d'administration (intraveineuse, sous-cutanée ou par inhalation), à un traitement de substitution par l'AAT administré par une autre voie, à un traitement factice (placebo) ou à l'absence de traitement. Nous avons comparé et résumé les résultats et évalué notre confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié six études portant sur 524 participants. Quatre études portaient sur le traitement de substitution par AAT par voie intraveineuse, et les deux autres sur le traitement de substitution par AAT par voie inhalée. Les six études comparaient le traitement de substitution par AAT à un placebo. Les études ont été menées dans des pays à revenu élevé d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie. La plus petite étude comptait cinq participants, et la plus grande, 180 participants.

Principaux résultats

Traitement de substitution par AAT par voie intraveineuse par rapport à placebo

  • Le traitement de substitution par AAT par voie intraveineuse pourrait entraîner une légère augmentation du nombre d'exacerbations survenant chaque année chez les personnes. Les données probantes montrent un taux de 1 710 exacerbations annuelles pour 1 000 personnes recevant un traitement de substitution par AAT par voie intraveineuse, contre 1 420 exacerbations annuelles pour 1 000 personnes recevant un placebo (soit 290 exacerbations supplémentaires dans le groupe AAT).

  • Le traitement de substitution par AAT par voie intraveineuse pourrait avoir peu ou pas d’effet sur le nombre de décès par rapport au placebo.

  • Nous ne savons pas si les personnes recevant un traitement de substitution par AAT par voie intraveineuse sont plus susceptibles de présenter un ou plusieurs événements indésirables graves que celles recevant un placebo.

Traitement de substitution par AAT inhalée par rapport à un placebo

  • Nous ne savons pas si le traitement de substitution par AAT par voie inhalée a un effet sur le nombre d'exacerbations survenant chaque année chez les personnes, par rapport au placebo.

  • Aucune étude n’a fait état de décès.

  • Le traitement de substitution par AAT par voie inhalée pourrait avoir peu ou pas d’effet sur le nombre de personnes présentant un ou plusieurs événements indésirables graves par rapport au placebo.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre confiance dans les données probantes est faible, car peu d’études étaient disponibles, celles que nous avons identifiées portaient sur un nombre réduit de participants et les résultats ne concernaient qu’une partie de la population qui nous intéressait.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Nous avons inclus les données probantes publiées jusqu’en août 2025.

Glaister P, Hindle Robinson N, Woods A, Bentham C, Hamzah J, Crossingham I

La chimiothérapie avant la chirurgie améliore-t-elle la survie et la qualité de vie des femmes atteintes d’un cancer épithélial de l’ovaire avancé ?

3 weeks 3 days ago
Principaux messages
  • Il existe peu de différence en termes de durée de survie chez les femmes atteintes d’un cancer épithélial de l’ovaire (CEO) avancé (stades IIIC/IV), qu’elles reçoivent d’abord une chimiothérapie ou qu’elles subissent d’abord une chirurgie. Il y a probablement peu de différence dans le délai avant la récidive du CEO après le traitement.

  • La chimiothérapie avant la chirurgie réduit probablement les risques graves liés à la chirurgie ; elle réduit probablement de moitié le risque de devoir procéder à une résection intestinale pendant la chirurgie ; et elle entraîne probablement une forte diminution du recours à une stomie (dérivation de l’intestin à travers la paroi abdominale vers une poche destinée à recueillir son contenu).

  • La chimiothérapie avant la chirurgie constitue une alternative à la chirurgie suivie d’une chimiothérapie chez les femmes atteintes d’un CEO avancé. Le choix du traitement à administrer en premier dépend des préférences de la patiente, de son état de santé au moment du diagnostic, des risques liés à la chirurgie, ainsi que de l’étendue et de la propagation de la maladie.

Qu'est-ce que le cancer épithélial de l'ovaire et comment est-il traité ?

Le cancer de l’ovaire est le huitième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde. Environ 90 % des cancers de l'ovaire sont des cancers épithéliaux de l'ovaire (CEO), qui surviennent à la surface de l'ovaire ou dans la muqueuse des trompes de Fallope. La plupart des femmes atteintes de CEO sont diagnostiquées lorsque leur cancer est à un stade avancé et que leur maladie s'est propagée dans toute la cavité abdominale (stade IIIC/IV). Bien que les taux de survie se soient améliorés lors des 30 dernières années, seules quatre femmes sur dix atteintes d’un CEO sont encore en vie 10 ans après le diagnostic.

Le traitement du cancer de l'ovaire associe généralement chirurgie et chimiothérapie. La chirurgie vise à retirer autant que possible le cancer visible. Cependant, la chirurgie seule a peu de chances de guérir le CEO, et la plupart des femmes auront également besoin d’une chimiothérapie. La chimiothérapie utilise des médicaments à base de platine pour traiter les cellules cancéreuses qui ne peuvent pas être retirées par chirurgie ou qui ne sont pas visibles.

Traditionnellement, la chimiothérapie est administrée après la chirurgie. Cependant, elle peut aussi être administrée avant la chirurgie, puis les autres cycles de chimiothérapie sont administrés après la chirurgie, comme habituellement.

Pourquoi est-ce important ?

Les femmes atteintes d’un CEO avancé peuvent être trop faibles au moment du diagnostic pour subir une chirurgie, ou peuvent nécessiter une chirurgie importante pour retirer tout le cancer visible. L’administration d’une chimiothérapie avant la chirurgie peut réduire la taille de la tumeur avant l’intervention, ce qui peut permettre aux femmes d’être suffisamment rétablies pour subir une chirurgie ou de bénéficier d’une chirurgie moins importante.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si l’administration d’une chimiothérapie avant la chirurgie était plus efficace que de pratiquer d’abord une chirurgie, puis d’administrer la chimiothérapie. Nous nous sommes intéressés au nombre de femmes atteintes d’un CEO qui :

  • étaient encore en vie 48 mois après le diagnostic ;

  • n’avaient plus de CEO 24 mois après le traitement ;

  • sont décédées à la suite de la chirurgie ;

  • ont présenté des effets indésirables liés à la chirurgie ;

  • ont dû avoir une stomie, c’est-à-dire une ouverture de l’intestin à travers la paroi abdominale vers une poche pour recueillir les selles, ou une partie de l’intestin retirée (résection intestinale) ; et

  • ont constaté une amélioration de la qualité de leur vie.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la chimiothérapie suivie d’une chirurgie à la chirurgie suivie d’une chimiothérapie chez des femmes atteintes d’un CEO avancé. Nous avons comparé et résumé les résultats des études, puis évalué le niveau de confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que la méthodologie et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié sept études portant sur 2 650 femmes atteintes d’un CEO de stade III/IV, qui comparaient les effets d’un traitement initial par chimiothérapie suivi d’une chirurgie puis d’une chimiothérapie comme habituellement, à ceux d’une chirurgie suivie d’une chimiothérapie. Ces études ont été menées dans le monde entier, dans 20 pays, principalement à revenu élevé.

L’administration d’une chimiothérapie avant la chirurgie :

  • fait peu ou pas de différence quant au nombre de femmes encore en vie après 48 mois (5 études, 2 380 femmes) ;

  • fait probablement peu ou pas de différence quant au nombre de femmes qui n’avaient plus de maladie après 24 mois (5 études, 2 380 femmes) ;

  • réduit le nombre de décès liés à la chirurgie (5 études, 2 201 femmes) ;

  • réduit probablement le risque d’effets indésirables graves liés à la chirurgie (3 études, 1 094 femmes) ;

  • entraîne probablement une forte réduction du risque de devoir subir une stomie (3 études, 1 291 femmes) ou une résection intestinale (5 études, 2 237 femmes) ;

  • pourrait légèrement améliorer la qualité de vie 6 mois après le traitement, mais les résultats sont incertains (3 études, 559 femmes).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous sommes certains que la chimiothérapie avant la chirurgie ne modifie pas la survie globale et réduit le nombre de décès dus à la chirurgie. Nous sommes moins certains des autres résultats pour plusieurs raisons. Les femmes et les médecins savaient quel traitement les femmes avaient reçu, ce qui pourrait avoir influencé les résultats. Bien que les études n’aient inclus que des femmes atteintes d’un CEO avancé (stades IIIC/IV) et que beaucoup d’entre elles présentaient un cancer étendu, les études ultérieures n’ont inclus des femmes que lorsque les chirurgiens estimaient pouvoir retirer tout le cancer visible par chirurgie. Nous n’avons pu analyser que les résultats de cinq des sept études. Nous ajouterons les résultats d’autres études dès qu’ils seront disponibles.

Les données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont à jour au 9 octobre 2025.

Elderfield C, Shawky M, Beazley R, Choudhary C, Coleridge SL, Bryant A, Morrison J

Quels sont les bénéfices et risques des implants dentaires zygomatiques chez les personnes édentées présentant une perte osseuse sévère au niveau de la mâchoire supérieure ?

3 weeks 4 days ago
Principaux messages
  • Par rapport aux implants-vis dentaires conventionnels posés après une augmentation osseuse de la mâchoire, des vis plus longues placées dans l’os zygomatique présentaient moins risque d’échec et permettaient de poser des prothèses fonctionnelles beaucoup plus rapidement, mais entraînaient davantage de complications.

  • Les trous destinés à accueillir les vis d'implant peuvent être préparés à l’aide d’un outil rotatif conventionnel ou d’un outil vibrant qui « racle » l’os (chirurgie piézoélectrique). Il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre les deux méthodes en termes de durabilité des implants ou des prothèses dentaires ou de risque de complications, mais les fraises rotatives sont probablement plus rapides.

  • Peu d’études ont examiné ces questions. Des études plus nombreuses et de plus grande taille sont nécessaires pour disposer de davantage de certitude concernant les bénéfices et les risques.

Que se passe-t-il lorsque les personnes n’ont plus, ou ont peu, de dents naturelles ?

Lorsqu’on perd des dents, l’os qui les entourait peut progressivement se résorber car il n’est plus stimulé par la mastication. L’ampleur de la perte osseuse varie d’un individu à l’autre. Elle peut être si importante que les personnes affectées ne parviennent plus à porter confortablement des prothèses amovibles. Cela peut rendre l’alimentation et la parole difficiles, et avoir des répercussions sur la confiance en soi, sur leur bien-être et sur leurs relations sociales. Les implants dentaires peuvent aider à résoudre ces problèmes.

Que sont les implants dentaires et comment peuvent-ils aider ?

Les implants dentaires conventionnels sont de courtes vis (de 0,5 à 2 cm de long) placées dans l'os de la mâchoire et qui font office de racines dentaires artificielles. Les dentistes peuvent y fixer des dents permanentes (« fixes ») ou des prothèses amovibles ou semi-amovibles.

Les implants zygomatiques sont plus longs : environ 3 à 5 cm. Ils sont utilisés lorsque l’os de la mâchoire supérieure s'est tellement résorbée qu'il ne reste plus suffisamment d’os pour maintenir solidement des implants conventionnels. Ils servent presque toujours à porter des dents fixes et non des prothèses amovibles.

Avec les implants zygomatiques, les prothèses dentaires fixes peuvent souvent être posées le jour même de l’implantation. En effet, ceux-ci ne nécessitent pas de greffe osseuse, une opération chirurgicale qui consiste à ajouter de l’os (ou un matériau osseux de substitution) à la mâchoire afin qu’elle puisse supporter un implant. La greffe osseuse est une intervention complexe, coûteuse et qui prend du temps. Elle peut nécessiter plusieurs interventions chirurgicales et il faut parfois plus d’un an avant que les dents de remplacement puissent être posées.

Les implants-vis zygomatiques peuvent être posés à l’aide de fraises rotatives ou par chirurgie piézoélectrique (une méthode qui utilise des vibrations sonores pour couper l’os et peut s’avérer moins traumatique). Les implants dentaires zygomatiques peuvent entraîner des complications et leurs bénéfices potentiels doivent être mis en balance avec ces risques.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer si, par rapport à des implants conventionnels placés dans une mâchoire greffée, les implants zygomatiques entraînaient moins :

  • d’échecs des dents de remplacement, lorsque les dents se cassent ou se détachent ;

  • d’échecs des implants, lorsque les vis implantaires deviennent instables ;

  • de complications.

Nous souhaitions également déterminer :

  • quel type d’implant entraînait une plus grande satisfaction et permettait une réhabilitation plus rapide ;

  • quelle méthode de préparation du site implantaire était la plus rapide pour les chirurgiens et la plus appréciée par les personnes recevant le traitement.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études qui comparaient :

  • des implants zygomatiques avec des implants conventionnels placés dans une mâchoire greffée chez des personnes présentant une perte osseuse sévère au niveau de la mâchoire supérieure ; ou

  • différentes méthodes de préparation du site des implants zygomatiques.

Nous avons comparé et résumé les résultats des études, puis évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en nous appuyant sur des facteurs tels que les méthodes utilisées dans les études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié deux études de petite taille, dont les participants ont été suivis pendant trois ans. Ces deux études ont été menées en Europe. L’une comparait des implants zygomatiques aux implants conventionnels placés dans un os greffé et portait sur 71 personnes. L’autre comparait la chirurgie piézoélectrique aux fraises rotatives pour la préparation du site implantaire et portait sur 20 personnes.

Principaux résultats

Au bout de trois ans, par rapport aux implants conventionnels placés dans de l’os greffé, les implants zygomatiques :

  • pourraient entraîner moins d’échecs des dents de remplacement : pour 100 personnes traitées, environ 12 personnes de moins ayant reçu des implants zygomatiques présentaient des problèmes avec leurs dents de remplacement ;

  • entraînaient probablement moins d’échecs implantaires : pour 100 personnes traitées, environ 22 personnes de moins ayant reçu des implants zygomatiques présentaient des problèmes ;

  • entraînaient probablement davantage de complications : environ quatre personnes sur cinq ayant reçu des implants zygomatiques présentaient des complications, contre environ une personne sur deux ayant reçu des implants conventionnels.

Nous ne savons pas quelle procédure entraînait la plus grande satisfaction des patients. Cependant, les personnes ayant reçu des implants zygomatiques ont probablement obtenu leurs nouvelles dents beaucoup plus rapidement (en un peu plus d’un jour) que celles ayant reçu des implants conventionnels, pour lesquelles il fallait généralement attendre 444 jours avant que leurs prothèses dentaires puissent être posées.

Dans l’étude comparant deux méthodes (chirurgie piézoélectrique par rapport aux fraises rotatives) pour la préparation des sites implantaires, après trois ans, il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre les deux méthodes en termes de :

  • d’échecs des dents de remplacement ;

  • d’échecs des implants ;

  • de complications ;

  • de préférence des patients.

Cependant, les fraises rotatives ont probablement permis de réduire le temps de pose des implants de plus de 9 minutes.

Quelles sont les limites des données ?

Le niveau de confiance dans les données probantes allait de très faible à modéré. Nous n’avons trouvé que deux études évaluant ces approches et elles incluaient peu de participants. Des études supplémentaires, bien conçues, sont nécessaires pour déterminer les meilleures méthodes.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en novembre 2025.

Visconti RF, Greco K, Cotticelli C, Ambrosi A, Esposito MAB

La réduction de la température corporelle des donneurs après une mort encéphalique améliore-t-elle la qualité des organes transplantés ?

3 weeks 4 days ago
Principaux messages
  • L’abaissement de la température corporelle des donneurs en unité de soins intensifs avant le prélèvement des organes pourrait ne pas nécessairement améliorer la rapidité avec laquelle l’organe commence à fonctionner chez le receveur.

  • L’abaissement de la température corporelle des donneurs ne semble pas réduire le nombre d’organes pouvant être utilisés pour une transplantation ni entraîner de problèmes de tolérance (tels que des troubles cardiaques).

  • Seules trois études ont rapporté un taux de survie à un an de l’organe transplanté. Aucune des études n’a rapporté ni une amélioration de la qualité de vie ni la survenue de maladies cardiaques chez les receveurs à 12 mois. Aucune étude n’a rapportée l’adoption de mesures pour les organes vitaux à 12 mois (par exemple : pour le cœur, la fonction cardiaque ; pour le pancréas, le besoin d’insuline).

Qu’est-ce que la transplantation d’organe solide ?

La transplantation d’un organe plein est une intervention chirurgicale consistant à transférer un organe solide (rein, cœur, foie, poumon ou pancréas) d’une personne appelée donneur à une autre appelée receveur. Il s’agit du traitement optimal pour les personnes souffrant d’une défaillance d’un organe en phase terminale. Toutefois, il subsiste une pénurie d’organes adaptés au don. En effet, de nombreux organes proviennent de personnes en état de mort cérébrale (c’est-à-dire qu’elles présentent une perte permanente et irréversible des fonctions cérébrales) admises en unité de soins intensifs. Or il a été démontré que le processus de mort encéphalique entraîne des lésions significatives au niveau des organes. C’est pourquoi il convient de tout mettre en œuvre pour optimiser la prise en charge de ces donneurs afin d’obtenir d’améliorer le devenir des receveurs et d’assurer le bon fonctionnement du greffon après la transplantation.

Pourquoi réduire la température corporelle des donneurs et comment procède-t-on ?

La baisse de la température corporelle des donneurs en dessous de la température centrale normale (< 35,5 °C) pourrait ralentir les processus physiologiques, permettant ainsi de préserver la santé des organes jusqu’à leur prélèvement et leur transplantation. Elle peut être réalisée en unité de soins intensifs entre le moment du diagnostic de mort encéphalique et celui du don d’organes. L’abaissement de la température corporelle peut être obtenu en laissant les donneurs se refroidir spontanément jusqu’à la température cible, grâce à des ventilateurs, des poches de glace ou des systèmes de refroidissement externes spécifiques pour favoriser la baisse de la température corporelle du donneur, ou encore par irrigation vésicale, grâce à des cathéters de refroidissement intravasculaires ou à des gaz humidifiés à température contrôlée utilisés pendant la ventilation afin d’atteindre la température centrale souhaitée. Le degré d’hypothermie thérapeutique peut également être classé en hypothermie légère (34,0 °C à 35,5 °C), modérée (32,0 °C à 33,9 °C), modérément sévère (30,0 °C à 31,9 °C) et sévère (< 30 °C).

Que voulions-nous savoir ?

Nous souhaitions déterminer si la baisse de la température corporelle des donneurs rendait les organes plus sains et améliorait les critères de jugement pour les receveurs après une greffe d’organe. Nous étions intéressés par :

  • la rapidité avec laquelle les organes greffés commencent à fonctionner ;

  • la réussite de la greffe ;

  • la survie du receveur (et sur combien d’années).

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études évaluant l’efficacité de la baisse de la température corporelle des donneurs et ses éventuels effets indésirables. Les donneurs inclus dans les études devaient présenter une perte irréversible de toutes les fonctions cérébrales, ou une perte irréversible de la capacité de conscience et une perte irréversible de toute capacité respiratoire. Les receveurs devaient être des patients ayant reçu des organes solides tels que le rein, le cœur, le foie, le poumon ou le pancréas. Toutes les origines géographiques ont été prises en compte.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié quatre études portant sur 2 096 donneurs, examinant l’effet de la baisse de la température corporelle des donneurs avant la transplantation. Deux études portaient sur la transplantation rénale et deux autres sur la transplantation de plusieurs organes solides (rein, foie, poumon, cœur, pancréas). Les études ont été menées aux États-Unis et en France.

Transplantation rénale

L’abaissement de la température corporelle des donneurs, par rapport au maintien de celle-ci à une degré normale :

  • pourrait ne pas réduire le délai nécessaire pour que les reins transplantés commencent à fonctionner (4 études, 3 015 receveurs) ;

  • pourrait n’avoir aucune incidence sur la survie du rein transplanté un an après la greffe (3 études, 2 075 receveurs) ;

  • pourrait n’avoir aucune incidence sur le nombre de receveurs de rein ayant survécu un an après la greffe (1 étude, 526 receveurs).

Autres organes

L’abaissement de la température corporelle des donneurs, par rapport au maintien de celle-ci à une degré normale :

  • pourrait ne pas réduire le délai nécessaire pour que les poumons transplantés commencent à fonctionner (1 étude, 99 receveurs) ;

  • pourrait ne pas réduire le délai nécessaire pour que les foies transplantés commencent à fonctionner (1 étude, 262 receveurs) ;

  • ne réduit vraisemblablement pas le nombre d’organes disponibles pour la transplantation (4 études, 4 265 receveurs).

L’abaissement de la température corporelle des donneurs, par rapport au maintien de celle-ci à un degré normale, pourrait ne causer aucun problème (tels que les troubles cardiaques) chez les donneurs (3 études, 2 015 donneurs).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Le nombre limité d’études examinées et les type d’organes des donneurs transplantés constituaient les principales limites de cette revue. Seules trois études ont rapporté la survie à un an de l’organe transplanté. Aucune des études n’a rapporté ni une amélioration de la qualité de vie ni la survenue de maladies cardiaques chez les receveurs à 12 mois. Aucune étude n’a rapportée l’adoption de mesures pour les organes vitaux à 12 mois (par exemple : pour le cœur, la fonction cardiaque ; pour le pancréas, le besoin d’insuline). La plupart des études se sont concentrées sur les donneurs et les receveurs de reins, avec très peu d’informations concernant les autres organes solides.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

La revue est à jour jusqu’en septembre 2025.

Amarnath DR, Tingle SJ, Hoather TJ, Thompson ER, Wilson CH, supported by Cochrane Kidney and Transplant

Quels sont les traitements efficaces contre les douleurs au niveau des cartilages de croissance (apophysite) des hanches, des jambes ou des pieds ?

3 weeks 6 days ago
Principaux messages
  • La plupart des enfants présentant des douleurs au niveau des cartilages de croissance (apophysite) voient leur état s’améliorer avec le temps. On ne sait pas si le traitement de l’apophysite a un effet sur la douleur à court terme, la fonction physique et la pratique sportive.

  • On ne sait pas si un traitement est plus ou moins efficace qu'un autre. Les études étaient pour la plupart de petite taille et présentaient des problèmes méthodologiques. Les études n’ont pas toujours évalué les effets indésirables d’un traitement, et aucune n’a cherché à savoir si des enfants avaient abandonné l’étude en raison d’effets indésirables.

  • Les données probantes sont limitées. La plupart des études comprenaient davantage de garçons que de filles et incluaient des enfants plus actifs que la moyenne. Les enfants savaient souvent quel traitement ils recevaient, ce qui a pu influencer les résultats.

Qu’est-ce que l’apophysite ?

À la puberté, les enfants ressentent parfois des douleurs au niveau des cartilages de croissance des hanches, des genoux et des pieds. Cette douleur est généralement due à une irritation du cartilage de croissance provoquée par des sollicitations répétées au fil du temps, plutôt que par un événement ponctuel. La douleur est généralement de courte durée et a un impact limité sur la vie de l’enfant. Cependant, elle peut parfois amener les enfants à boiter, à pratiquer moins de sport ou à réduire leur activité physique. Ces affections portent différents noms selon la localisation du cartilage de croissance, mais sont communément appelées « apophysite » ou « lésions apophysaires du membre inférieur ».

Comment traite-t-on l’apophysite ?

De nombreux professionnels de santé traitent l’apophysite, en particulier les médecins généralistes, les kinésithérapeutes et les podologues. De nombreux traitements sont utilisés, notamment des exercices, des médicaments, des bandages adhésifs, des attelles ou des dispositifs à placer dans les chaussures, tels que des orthèses plantaires ou des talonnettes. Quel que soit le traitement, l’apophysite s’améliore généralement d’elle-même, mais dans certains cas, la douleur peut persister longtemps.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer quels traitements réduisent efficacement la douleur et à évaluer dans quelle mesure ces traitements sont sûrs. Nous voulions savoir quels traitements améliorent la fonction physique des enfants et leur participation aux activités sportives. Nous voulions également savoir si un traitement était plus efficace qu’un autre.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études évaluant les différents types de traitements de l’apophysite de la hanche, du genou et du pied. Nous n’avons pas recherché de traitements impliquant une intervention chirurgicale.

Nous avons combiné les résultats des études qui évaluaient les mêmes traitements et utilisaient des méthodes similaires pour mesurer leur efficacité. Nous avons évalué notre niveau de confiance dans les données probantes.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 10 études portant sur 654 enfants dont l’âge moyen variait entre 10,3 et 13,3 ans. Sept études portaient sur la douleur au talon (apophysite calcanéenne) et trois sur la douleur à l’avant du genou (apophysite de traction de la tubérosité tibiale).

Principaux résultats
  • Une étude (23 enfants) a comparé un médicament appelé dexaméthasone à un placebo (traitement factice). Nous ne savons pas avec certitude si la dexaméthasone réduit la douleur, améliore la fonction physique ou aide les enfants à reprendre une activité sportive à court terme. Deux études (74 enfants) ont rapporté les effets indésirables des médicaments, mais les données probantes étaient également très incertaines.

  • Une étude (21 enfants) a comparé la dexaméthasone aux soins usuels. Nous ne savons pas avec certitude si la dexaméthasone réduit la douleur, améliore la fonction physique ou aide les enfants à reprendre une activité sportive à court terme. Une étude (30 enfants) a rapporté les effets indésirables, mais les données probantes étaient également très incertaines.

  • Une étude (22 enfants) a comparé le kinésio-tape à un placebo. Nous ne savons pas avec certitude si le kinésio-tape améliore la douleur ou la fonction physique à court terme. L'étude ne rapportait pas de données sur la pratique sportive ni sur les effets indésirables.

  • Une étude (124 enfants) a comparé les orthèses plantaires aux talonnettes. Elle a conclu qu’il n’y avait probablement que peu ou pas de différence entre ces deux traitements en termes de douleur ou de fonction physique à court terme. L'étude ne rapportait pas de données sur la pratique sportive. Une étude (101 enfants) a rapporté qu’aucun effet indésirable n’avait été observé.

  • Une étude (43 enfants) a comparé les coussinets de talon à une attelle de talon. Nous ne savons pas avec certitude si les coussinets de talon améliorent la fonction physique ou entraînent des effets indésirables à court terme. L'étude ne rapportait pas de données sur la pratique sportive.

  • Aucune des études n’a indiqué si des enfants avaient abandonné les études en raison d’effets indésirables.

Quelles sont les limites de cette recherche ?
  • Dans la plupart des études, les enfants et les personnes qui s’occupaient d’eux savaient quels traitements ils recevaient, ce qui a pu influencer la manière dont ils ont rapporté les améliorations. Cela peut affecter la fiabilité des résultats.

  • L’apophysite s’améliore souvent d’elle-même à mesure que les enfants grandissent et que les cartilages de croissance se ferment ; il est donc difficile de savoir si les améliorations observées sont dues aux traitements ou à une guérison naturelle au fil du temps.

  • Les garçons étaient nettement plus nombreux que les filles dans ces études, et la plupart des participants étaient très actifs physiquement. Il est peu probable que cette affection touche différemment les garçons et les filles, mais nous ne savons pas avec certitude si nos conclusions peuvent s’appliquer à des enfants moins actifs physiquement.

  • Enfin, la plupart des études ne comptaient qu’un petit nombre de participants. Cela signifie que nous ne pouvons pas nous fier entièrement aux résultats et que nous ne pouvons pas savoir si ces conclusions s’appliqueraient à un groupe plus large d’enfants présentant une apophysite.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées au 4 janvier 2025.

Williams CM, Krommes K, Paterson KL, Haines T, Caserta A, Thorborg K

Quels sont les bénéfices et risques de la chirurgie mini-invasive du canal de Schlemm pour traiter le glaucome, une maladie oculaire courante ?

3 weeks 6 days ago
Principaux messages
  • Lorsque l'on compare la chirurgie mini-invasive du glaucome qui agit sur le canal de Schlemm (SC-MIGS) aux chirurgies du glaucome non mini-invasives (conventionnelles), il pourrait y avoir peu ou pas de différence dans la proportion de personnes ne prenant pas de médicaments à court, moyen ou long terme.

  • À court terme, le nombre de personnes ne prenant pas de médicaments pourrait être plus élevé après une SC-MIGS qu'après une seule chirurgie de la cataracte ; cependant, le risque de saignement pourrait être plus élevé.

  • La SC-MIGS pourrait réduire davantage la pression intraoculaire plus efficacement qu'un traitement au laser.

Qu'est-ce que le glaucome à angle ouvert ?

Le glaucome à angle ouvert est une maladie oculaire courante qui endommage le nerf optique, qui progresse généralement lentement au fil des années. « À angle ouvert » signifie que les voies naturelles d’évacuation du liquide de l’œil ne sont pas obstruées, mais qu’elles n’évacuent pas efficacement le liquide. Cela peut entraîner une augmentation de la pression intraoculaire et endommager le nerf optique, provoquant une perte de vision qui touche souvent la vision périphérique avant la vision centrale. Certaines personnes développent un glaucome malgré une pression intraoculaire normale et ont besoin d’un traitement supplémentaire visant à réduire cette pression.

Comment traite-t-on le glaucome à angle ouvert ?

Le traitement comprend des collyres, un traitement au laser et une intervention chirurgicale. La chirurgie est généralement pratiquée lorsque les collyres ou le traitement au laser se sont révélés inefficaces.

La chirurgie conventionnelle consiste généralement à contourner les voies d’évacuation naturelles de l’œil afin d’améliorer l’évacuation du liquide. Elle peut être réalisée sous anesthésie locale (le patient étant éveillé) ou sous anesthésie générale (le patient étant endormi). Des complications, telles qu'un saignement dans l'œil ou une pression intraoculaire très basse, peuvent survenir, et certaines personnes peuvent avoir besoin d'une nouvelle intervention chirurgicale.

Une alternative aux interventions chirurgicales classiques est la chirurgie mini-invasive du glaucome. Certaines de ces interventions agissent sur une partie du réseau d'évacuation de l’œil appelée canal de Schlemm.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si les chirurgies mini-invasives du glaucome qui agissent spécifiquement sur le canal de Schlemm (ci-après dénommées « SC-MIGS ») permettent d’améliorer les résultats et si elles entraînent des effets indésirables ou nocifs chez les personnes atteintes de glaucome à angle ouvert. Nous avons été particulièrement intéressés par :

  • la probabilité que les personnes n'aient plus besoin du collyre ;

  • la probabilité d’une progression de la perte du champ visuel (perte de la vision centrale ou périphérique) ;

  • les modifications de la pression intraoculaire ;

  • les modifications du nombre de collyres utilisés après l’intervention ;

  • tout effet indésirable ou effet secondaire.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant la SC-MIGS à d’autres types ou combinaisons d’interventions chirurgicales, ou à un traitement au laser. Nous avons comparé et synthétisé les résultats de ces études, et évalué la fiabilité des données probantes en nous basant sur des éléments tels que les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 10 études portant sur 639 personnes (639 yeux). Les participants à ces études étaient des hommes et des femmes âgés de 41 à 74 ans. Les études ont été menées en Italie, au Japon, en Inde, aux États-Unis, en Amérique latine, en Pologne, au Canada et en Chine. Les études ont comparé :

  • la SC-MIGS à la chirurgie conventionnelle du glaucome ;

  • la SC-MIGS associée à une chirurgie de la cataracte à une chirurgie de la cataracte seule ;

  • la SC-MIGS à des techniques de chirurgie mini-invasive du glaucome n’agissant pas sur le canal de Schlemm ;

  • un type de SC-MIGS à un autre type de SC-MIGS ;

  • la SC-MIGS associée à des interventions au laser.

SC-MIGS par rapport à la chirurgie conventionnelle du glaucome (3 études, 99 participants)

Il pourrait n’y avoir aucune différence entre la SC-MIGS et la chirurgie conventionnelle du glaucome en ce qui concerne la probabilité que les patients n’aient plus besoin de collyres pour contrôler leur glaucome, la progression de la perte du champ visuel, ainsi que la variation moyenne de la pression intraoculaire, le nombre de collyres utilisés après l'intervention ou les effets indésirables.

SC-MIGS associée à une chirurgie de la cataracte par rapport à une chirurgie de la cataracte seule (2 études, 132 personnes)
Les patients pourraient avoir moins besoin de collyres pour contrôler leur glaucome, et la variation moyenne de la pression intraoculaire pourrait être plus importante ; toutefois, le risque de saignement pourrait être plus élevé avec la SC-MIGS associée à une chirurgie de la cataracte par rapport à la chirurgie de la cataracte seule.

SC-MIGS par rapport à des types de chirurgie mini-invasive du glaucome n’agissant pas sur le canal de Schlemm (2 études, 238 participants)
Il pourrait n’y avoir aucune différence entre ces deux traitements en ce qui concerne la probabilité de ne pas avoir besoin de collyres pour contrôler le glaucome, le nombre de collyres utilisés après l’intervention ou la nécessité d’une nouvelle intervention chirurgicale.

Un type de SC-MIGS par rapport à un autre type de SC-MIGS (2 études, 140 personnes)
Il n’y a probablement aucune différence entre un type de SC-MIGS et un autre concernant les critères que nous souhaitions évaluer.

SC-MIGS par rapport aux interventions au laser (1 étude, 30 personnes)
La pression intraoculaire pourrait être réduite davantage, mais le risque de saignement pourrait être plus élevé avec la SC-MIGS par rapport aux interventions au laser.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Notre niveau de confiance dans les données probantes est très limité, car le nombre d’études était faible et celles-ci portaient sur un nombre restreint de participants. Les études n'ont pas utilisé les meilleures méthodes ; leurs résultats pourraient donc ne pas être fiables. De plus, chaque étude portait sur un petit groupe de personnes de la même origine ethnique ou de la même nationalité ; nous ne savons donc pas dans quelle mesure leurs conclusions s’appliquent à d’autres groupes de population.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en octobre 2025.

Vemulapalli K, Gandhewar R, Yim TW, Virgili G, Bicket AK, Bunce C, Hu K, Gazzard G

Pour les bébés nés prématurément, vaut-il mieux administrer du surfactant (un agent de recouvrement pulmonaire) à titre préventif aux bébés présentant un risque de difficultés respiratoires ou uniquement à ceux qui présentent des signes de difficultés ...

3 weeks 6 days ago
Principaux messages

• La prise en charge actuelle des prématurés (bébés nés avant terme) présentant un risque de syndrome de détresse respiratoire (problèmes pulmonaires entraînant des difficultés respiratoires) implique généralement une intervention appelée « pression positive continue » (PPC). Chez ces nourrissons, l’administration préventive de surfactant (un revêtement pulmonaire facilitant la respiration) pourrait avoir peu ou pas d’effet sur le risque de maladie pulmonaire chronique (nécessitant une oxygénothérapie à long terme) et augmenterait probablement légèrement le risque de décès, par rapport à l’administration de surfactant uniquement aux bébés qui développent effectivement des problèmes respiratoires.

• En revanche, chez les prématurés ne bénéficiant pas de la PPC, l’administration préventive de surfactant réduit le risque de décès et pourrait légèrement réduire le risque de pneumothorax (lésion pulmonaire), par rapport à une administration de surfactant uniquement en cas d’apparition de problèmes respiratoires.

• À notre avis, administrer une PPC à tous les prématurés à la naissance, puis n’administrer un surfactant qu’à ceux qui présentent des symptômes de troubles respiratoires, pourrait constituer la meilleure approche pour gérer le risque de syndrome de détresse respiratoire.

Qu'est-ce qu'un enfant prématuré ?

Un prématuré est un bébé né avant terme, ayant passé moins de 37 semaines dans l’utérus.

Qu’est-ce que le surfactant ?

Le surfactant est un mélange de lipides et de protéines produit par l’organisme qui recouvre la paroi interne des alvéoles (minuscules sacs aériens situés dans les poumons) et contribue au bon fonctionnement des poumons. Certains prématurés naissent avant que leurs poumons ne produisent suffisamment de surfactant, ce qui rend difficile le maintien de l'ouverture de leurs alvéoles et l'apport d'une quantité suffisante d'oxygène. C'est ce qu'on appelle le syndrome de détresse respiratoire (SDR). Un traitement de substitution par surfactant peut être utilisé pour compenser le manque de surfactant.

Que voulions-nous savoir ?

Nous souhaitions déterminer s'il fallait administrer du surfactant aux prématurés à titre préventif, c'est-à-dire immédiatement après la naissance avant l'apparition de tout problème respiratoire (« surfactant prophylactique »), ou uniquement lorsque le bébé présentait des symptômes (« surfactant sélectif »).

Des études menées il y a 30 ans suggéraient que les prématurés intubés (tube respiratoire placé dans les voies respiratoires, descendant dans la gorge jusqu’aux poumons) et traités par surfactant prophylactique (avant l’apparition de problèmes respiratoires) présentaient moins de complications liées au syndrome de détresse respiratoire, telles qu’une maladie pulmonaire chronique ou un pneumothorax.

Des études plus récentes suggèrent toutefois qu’une meilleure approche thérapeutique pourrait consister à recourir à une assistance respiratoire (c’est-à-dire une pression positive continue (PPC)) via un masque ou des ailettes nasales placées sur le visage du bébé, et à n’administrer du surfactant qu’en cas d’apparition de problèmes respiratoires. Cela évite d’introduire des sondes dans la trachée et d’administrer des médicaments qui pourraient s’avérer inutiles.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons effectué une recherche d’études comparant l’utilisation prophylactique par rapport à l’utilisation sélective du surfactant. Nous avons regroupé les résultats concernant la mortalité infantile (décès) au cours des 28 premiers jours de vie (période néonatale) et l’apparition d’une maladie pulmonaire plus grave pouvant nécessiter une oxygénothérapie à long terme (maladie pulmonaire chronique). Nous avons cherché à déterminer si les résultats variaient selon que les prématurés avaient bénéficié d’une PPC pour soutenir leur respiration à la naissance ou que leurs mères avaient reçu des médicaments, tels que des stéroïdes, favorisant la maturation pulmonaire du bébé pendant la période prénatale.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 10 études pertinentes portant sur 3 151 bébés.

Si l’on considère l’ensemble des études, l’administration prophylactique de surfactant entraîne probablement une différence minime, voire nulle, en termes de risque de maladie pulmonaire chronique (MPC) par rapport à l’utilisation sélective de surfactant (5 études, 1 874 bébés) et pourrait réduire légèrement le risque de pneumothorax (8 études, 3 094 bébés). Elle pourrait avoir peu ou pas d’incidence sur le risque de troubles neurodéveloppementaux modérés à sévères (problèmes liés au développement cérébral) (1 étude, 976 bébés).

Les études dans lesquelles les nourrissons ont bénéficié d’une PPC ont montré que l’utilisation prophylactique du surfactant augmente probablement légèrement le risque de mortalité par rapport à son utilisation sélective en tant que traitement une fois que les symptômes du syndrome de détresse respiratoire sont apparus, et qu’elle a probablement peu ou pas d’effet sur le risque de MPC. Les signes évocateurs d'un pneumothorax sont très incertains.

En revanche, les études menées chez des nourrissons n’ayant pas bénéficié d’une ventilation par pression positive continue ont montré que l’utilisation prophylactique d’un surfactant réduit le risque de mortalité par rapport à son administration sélective après l’apparition d’un syndrome de détresse respiratoire, et qu’elle pourrait réduire légèrement le risque de pneumothorax. Les données probantes concernant la dysplasie broncho-pulmonaire sont très incertaines.

À notre avis, les résultats de cette revue plaident en faveur d’une stabilisation précoce de la respiration par pression positive continue chez tous les prématurés présentant un risque de développer un syndrome de détresse respiratoire, puis d’une utilisation sélective du surfactant chez les prématurés présentant des symptômes de syndrome de détresse respiratoire.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Il est possible que les chercheurs chargés des études et les parents des nourrissons qui y ont pris part, aient pu savoir quel traitement était administré, ce qui a pu influencer les mesures.

Toutes les études n’ont pas fourni d’informations sur tous les aspects présentant un intérêt. Par exemple, certaines études n’ont pas évalué le développement à long terme des nourrissons.

Les études n’ont pas fourni suffisamment d’informations fiables pour nous permettre de comprendre les effets de l’âge des bébés (nés avant 28 semaines ou plus proches de leur date prévue d’accouchement), de l’administration de stéroïdes aux mères avant l’accouchement, ou des différentes méthodes d’administration du surfactant.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue actualise une précédente revue Cochrane de 2012. Les données probantes sont à jour au 31 janvier 2025.

Beijers RJHCG, Alonso-Fernández S, Soll RF, Rojas-Reyes MX

Les programmes d’arrêt du tabac (sevrage tabagique) sont-ils efficaces chez les personnes hospitalisées pour le traitement d’un trouble mental ?

4 weeks ago
Principaux messages
  • Proposer, pendant une hospitalisation en psychiatrie, des conseils en matière de sevrage tabagique associés à une thérapie de substitution nicotinique (un traitement qui fournit de la nicotine sous une forme plus sûre que le tabac afin d’aider les personnes à réduire leurs envies de fumer et leurs symptômes de sevrage), et poursuivre cet accompagnement après la sortie de l’hôpital, pourrait aider davantage de personnes à arrêter de fumer six mois plus tard, par rapport aux soins usuels.

  • Nous n’avons pas trouvé suffisamment d’informations pour tirer des conclusions sur les effets des autres interventions de sevrage tabagique mises en place en milieu hospitalier psychiatrique. Nous avons besoin d’études plus nombreuses et mieux conçues pour évaluer différentes façons d’aider les personnes à arrêter de fumer, en particulier les traitements médicamenteux.

Pourquoi le tabagisme est-il un problème pour les personnes atteintes d’un trouble mental ?

Les personnes atteintes d’un trouble mental meurent jusqu’à 15 à 20 ans plus tôt que la population générale de maladies physiques évitables, telles que les maladies cardiovasculaires, les maladies des voies respiratoires et pulmonaires, le diabète et le cancer. Le tabagisme est l’une des principales causes de ces maladies. Les personnes hospitalisées pour un trouble mental fument davantage que la population générale et réussissent moins souvent à arrêter de fumer, malgré leur souhait d’arrêter. De nombreux hôpitaux sont des environnements sans tabac et devraient constituer des lieux adaptés à la mise en place de programmes de sevrage tabagique destinés aux personnes atteintes d’un trouble mental.

Que voulions-nous savoir ?

Nous voulions savoir si les programmes de sevrage tabagique commencés pendant une hospitalisation dans un service de psychiatrie aidaient ces personnes à arrêter de fumer, et quels programmes étaient les plus efficaces. Nous nous sommes particulièrement intéressés au nombre de personnes qui ne fumaient toujours pas au bout de six mois et à la présence éventuelle d’effets indésirables graves, tels qu’un décès ou un événement mettant la vie en danger.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant tout programme d’aide au sevrage tabagique mis en place dans un service psychiatrique aux soins usuels, à l’inscription sur une liste d’attente ou à l’administration d’un placebo (un « faux » médicament ne contenant aucun principe actif). Les participants pouvaient présenter n’importe quel diagnostic psychiatrique, mais devaient être des adultes (âgés de 18 ans et plus) qui fumaient du tabac.

Nous avons résumé les résultats des études et évalué le niveau de confiance dans les données probantes sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons identifié 10 études portant sur un total de 2 262 personnes hospitalisées dans des services de psychiatrie d’urgence ou de longue durée. La plupart des études incluaient des personnes présentant différents types de trouble mental (par exemple, des troubles de l’humeur, des troubles anxieux, ou une schizophrénie), et trois études ne concernaient que des personnes atteintes de schizophrénie ou de troubles apparentés à la schizophrénie. Les études ont été menées dans cinq pays (Australie, États-Unis, Taïwan, Israël et Iran).

Les programmes comprenaient :

  • des conseils en matière de sevrage tabagique associés à une thérapie de substitution nicotinique et un soutien continu pour arrêter de fumer après la sortie de l’hôpital par rapport aux soins usuels ;

  • un programme comportemental de groupe (soutien psychologique sans médicament) visant à réduire le tabagisme par rapport à une mise sur liste d’attente ;

  • des médicaments, notamment le bupropion (par rapport à un placebo) ou la cytisine (par rapport à un traitement de substitution nicotinique) ;

  • des comparaisons entre différents types et doses de traitements de substitution nicotinique.

Principaux résultats

Les conseils en matière de sevrage tabagique associés à une thérapie de substitution nicotinique et à un accompagnement continu après la sortie de l'hôpital, comparés aux soins usuels (5 études, 1 611 personnes) :

  • pourraient augmenter le nombre de personnes qui ne fument toujours pas six mois après leur sortie de l’hôpital d’environ 6 personnes supplémentaires pour 100 ; et

  • pourraient entraîner une diminution du nombre de décès (1 décès de moins pour 100 personnes), mais ce résultat est très incertain.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nos résultats s’appuient sur un nombre limité d’études, et notre niveau de confiance dans les données probantes est faible. Notre niveau de confiance dans le résultat concernant les décès était très faible, car il y a eu très peu de décès dans les études.

Il a déjà été démontré que les médicaments pour le sevrage tabagique, tels que la varénicline, sont efficaces chez les personnes atteintes d’un trouble mental en dehors de l'hôpital, mais nous n’avons trouvé aucune étude évaluant leur utilisation dans un service psychiatrique hospitalier.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue a été mise à jour le 10 février 2026.

Plever S, Kisely SR, Bonevski B, Siskind D, Yamazaki-Tan J, Thaker P, Vos G, Kim D, Guillaumier A, Gartner CE

Le sulfate de magnésium administré aux femmes présentant un risque d'accouchement prématuré est-il plus efficace qu'un placebo pour protéger le cerveau de leur bébé ?

4 weeks ago
Principaux messages

Par rapport à un placebo, le sulfate de magnésium, administré aux femmes présentant un risque d'accouchement prématuré afin de protéger le cerveau de leur bébé, réduit la paralysie cérébrale et le critère de jugement combiné de décès ou de paralysie cérébrale chez leurs enfants jusqu'à l'âge de deux ans.

Les recherches futures dans ce domaine devraient se concentrer sur les effets du traitement :

- sur les enfants lorsqu'ils sont adolescents et adultes ; et

- pour différents groupes de femmes présentant un risque d'accouchement prématuré, et avec différentes modalités d'administration du sulfate de magnésium.

Qu'est-ce que le sulfate de magnésium ?

Le sulfate de magnésium est un médicament couramment utilisé dans le monde entier pour traiter différentes complications de la grossesse.

Pourquoi est-ce important pour les femmes présentant un risque d'accouchement prématuré et pour leurs bébés ?

Les bébés nés prématurément (avant 37 semaines de grossesse) présentent un risque plus élevé de complications, notamment de décès et de handicaps, tels que la paralysie cérébrale. Ces dernières années, le sulfate de magnésium a été administré aux femmes susceptibles d'accoucher prématurément (en raison d'un travail prématuré spontané ou d'une indication médicale prévoyant un déclenchement du travail ou une césarienne précoce) afin d'aider à protéger le cerveau de leur bébé et de prévenir ces complications.

Qu'avons-nous voulu découvrir ?

Nous voulions savoir si le sulfate de magnésium était plus efficace qu'un placebo (un traitement factice qui ne contient pas de médicament mais semble identique au médicament testé) pour protéger le cerveau des bébés susceptibles de naître prématurément.

Nous nous sommes intéressés à l'effet du sulfate de magnésium sur des critères de jugement importants, notamment : le décès (des bébés, ou plus tard des enfants), la paralysie cérébrale et les troubles neuro-développementaux majeurs (qui peuvent inclure des troubles graves tels que la paralysie cérébrale, la cécité, la surdité ou des troubles cognitifs ou intellectuels globaux). Nous nous sommes également intéressés à l'effet sur les critères de jugement importants pour les femmes, notamment les complications graves du sulfate de magnésium (décès, arrêt respiratoire ou cardiaque) et l'arrêt du traitement en raison d'effets secondaires.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études examinant si le sulfate de magnésium présentait des bénéfices ou des risques pour les femmes et leurs bébés prématurés par rapport à un placebo ou à l'absence de traitement. Nous avons comparé et résumé les résultats et évalué notre confiance dans les données probantes, sur la base de facteurs tels que les méthodes et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé six études portant sur 5 917 femmes à moins de 34 semaines de grossesse et leurs 6 759 bébés. Les études ont toutes été menées dans des pays à revenu élevé. Les études incluses comparaient le sulfate de magnésium à un placebo.

Résultats principaux

Comparé au placebo, le sulfate de magnésium chez les femmes risquant d'accoucher prématurément :

- réduit la paralysie cérébrale (données probantes issues de 6 études portant sur 6 107 enfants) et le critère de jugement combiné de décès ou de paralysie cérébrale (6 études, 6 481 enfants) pour les enfants âgés de moins de deux ans ;

- fait probablement peu ou pas de différence dans les décès (6 études, 6 759 enfants), les troubles neuro-développementaux majeurs (1 étude, 987 enfants), ou le critère de jugement combiné de décès ou de troubles neuro-développementaux majeurs (3 études, 4 279 enfants), pour les enfants âgés de moins de deux ans ;

- pourrait faire peu ou pas de différence dans les critères de jugement susmentionnés pour les enfants en début de scolarité ;

- pourrait faire peu ou pas de différence dans les complications graves du traitement chez les femmes (4 études, 5 300 femmes), mais augmente probablement le nombre de femmes qui arrêtent le traitement en raison d'effets secondaires (3 études, 4 736 femmes).

Quelles sont les limites des données probantes ?

Nous sommes convaincus que le sulfate de magnésium réduit la paralysie cérébrale et les critères de jugement combinés (décès ou paralysie cérébrale) chez les enfants jusqu'à l'âge de deux ans.

Les données probantes concernant les critères de jugement des enfants d'âge scolaire sont peu fiables, car les études n'ont pas pu fournir de données pour tous les enfants et il n'y a pas encore assez d'études/de données pour être certain des résultats.

Nous avons peu confiance dans notre résultat suggérant que le sulfate de magnésium fait peu ou pas de différence en ce qui concerne les complications graves du traitement chez les femmes, car une seule étude a rapporté une complication. Nous sommes modérément confiants dans nos conclusions suggérant que le sulfate de magnésium augmente probablement le nombre de femmes qui arrêtent le traitement en raison d'effets secondaires, car les résultats diffèrent d'une étude à l'autre, probablement en raison des différents processus de prise de décision concernant l'arrêt du traitement.

Les résultats des recherches ultérieures sur les critères de jugement pour lesquels notre confiance est limitée pourraient différer des résultats de la présente revue.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes sont valables jusqu'au 17 mars 2023.

Shepherd ES, Goldsmith S, Doyle LW, Middleton P, Marret S, Rouse DJ, Pryde P, Wolf HT, Crowther CA

Chez les femmes périménopausées et postménopausées, quels sont les effets à long terme de l'utilisation d'un traitement hormonal pendant au moins un an ?

4 weeks ago
Principaux messages

- Les effets du traitement hormonal sur la santé des femmes à long terme varient selon qu'elles suivent un traitement hormonal combinée (œstrogènes et progestatifs) ou un traitement hormonal à base d'œstrogènes uniquement.
- Nous suggérons de considérer avec prudence les résultats de cette revue, compte tenu de l'évolution des doses et des méthodes de prise du traitement hormonal au fil du temps. Les résultats résumés ici proviennent d'études dans lesquelles le traitement hormonal a été administré sous forme de comprimés pris par voie orale.
- De futures études pourraient explorer les effets à long terme du traitement hormonal chez les femmes de moins de 50 ans ou dont les ovaires ont cessé de fonctionner en raison d'un traitement médical.

Qu'est-ce que la ménopause et la périménopause ?

La ménopause survient naturellement (généralement entre 44 et 55 ans) lorsque les ovaires cessent de libérer des ovules et réduisent (arrêtent presque) la production d'hormones. La ménopause est diagnostiquée lorsque ces changements entraînent une absence de règles pendant 12 mois consécutifs. La ménopause survient également après une intervention chirurgicale visant à retirer les deux ovaires et ne nécessite pas ce délai de 12 mois.

La périménopause est la phase de transition avant la ménopause, lorsque les niveaux d'hormones diminuent et que les règles deviennent irrégulières. Elle peut durer plusieurs années et provoque des symptômes tels que des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes et des changements d'humeur.

La baisse des taux d'hormones peut affecter le cœur, les vaisseaux sanguins et les os des femmes, augmentant le risque de cholestérol élevé, de variations de poids et de graisse, d'hypertension artérielle, de diabète, de maladies cardiaques, d'accidents vasculaires cérébraux, d'ostéoporose et de réduction de la force ou de la mobilité.

Qu'est-ce qu’un traitement hormonal ?

Un traitement hormonal utilise des œstrogènes, avec ou sans une autre hormone appelée progestatif, pour soulager les symptômes de la ménopause. Les femmes qui n'ont pas d'utérus peuvent prendre des œstrogènes seuls, tandis que celles qui ont un utérus ont besoin des deux (œstrogènes et progestatifs) pour se protéger contre le cancer de la muqueuse utérine (cancer de l'endomètre).

Les œstrogènes peuvent être administrés par voie orale ou par voie cutanée (transdermique), et les progestatifs peuvent être administrés par voie orale, par voie vaginale (transvaginale) ou à l'aide d'un dispositif intra-utérin (dispositif en forme de T à l'intérieur de l'utérus). Le traitement hormonal combiné peut être pris quotidiennement ou de manière cyclique (l'œstrogène est administré quotidiennement et le progestatif est administré pendant une partie du mois, ce qui provoque des saignements vaginaux de retrait).

Que voulions‐nous savoir ?

Nous voulions savoir si l'utilisation à long terme d'un traitement hormonal avait des effets sur la santé des femmes à long terme.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons recherché des études comparant des femmes ménopausées suivant un traitement hormonal pendant au moins un an à celles prenant un médicament inactif (placebo). Nous avons comparé et synthétisé les résultats des études, et évalué notre niveau de confiance dans les données probantes en tenant compte les méthodes utilisées et la taille des études.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons trouvé 24 études impliquant 45 660 participantes. La plupart des données proviennent de deux grandes études de qualité menées dans les années 1990 et dont les résultats ont été publiés au début des années 2000. Les résultats présentés ci-dessous sont tirés de l'une de ces études. Nous présentons les résultats complets dans la revue principale.

Thérapie hormonale continue combinée comparée à un placebo

D'après les données probantes d'une étude portant sur 16 608 femmes avec un suivi d'environ 5,5 ans, il est probable que le traitement hormonal continu combiné :

- ait peu ou pas modifié le risque de crise cardiaque ou de cancer du poumon ;
- ait augmenté le risque de développer un cancer du sein (de 19 à 24 femmes sur 1000) ;
- ait réduit le risque de fractures osseuses (de 111 à 87 femmes sur 1000).

Le traitement hormonal continue combiné pourrait avoir augmenté les chances d'avoir :

- un accident vasculaire cérébral (de 13 à 18 femmes sur 1000) ;
- un caillot de sang dans une veine (de 10 à 20 femmes sur 1000) ;
- une maladie de la vésicule biliaire nécessitant une intervention chirurgicale (de 16 à 27 femmes sur 1000).

Traitement à base d'œstrogènes seuls comparé au placebo

D'après les données probantes d'une étude portant sur 10 739 femmes ayant subi une hystérectomie (intervention chirurgicale visant à retirer l'utérus) et mesurant les critères de jugement après 7 ans de suivi, le traitement hormonal à base d'œstrogènes seuls a probablement  :

- eu peu ou pas d’effet sur le risque de crise cardiaque, de caillot sanguin dans une veine ou de développer un cancer du sein ;
- réduit le risque de fracture osseuse (de 141 à 103 femmes sur 1000) ;
- augmenté le risque d'accident vasculaire cérébral (de 24 à 32 femmes sur 1000) et de maladie de la vésicule biliaire nécessitant une intervention chirurgicale (de 27 à 47 femmes sur 1000).

Le traitement hormonal à base d'œstrogènes seuls pourrait avoir eu peu ou pas d’effet sur le risque de développer un cancer du poumon.

Nous ne disposons pas de suffisamment de données pour évaluer le risque lié à l'utilisation à long terme d'une thérapie hormonale chez les femmes de moins de 50 ans.

Quelles sont les limites des données disponibles ?

Seulement 30 % des femmes étaient âgées de 50 à 59 ans à l'inclusion, alors qu’il s’agit du groupe d'âge le plus susceptible d'envisager une thérapie hormonale pour les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. En outre, le traitement hormonal a évolué au fil du temps, avec de nouvelles façons de le prendre, différents types d'hormones et des doses actualisées. L'étude qui a fourni la plupart des données a administré aux femmes un traitement hormonal sous forme de pilule, qui peut présenter des risques différents des traitements hormonaux actuellement utilisés dans la pratique clinique.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Les données probantes ont été actualisées en septembre 2024.

Bofill Rodriguez M, Yong LN, Mirkov S, Bekos C, Lethaby A, Farquhar C

Quelles sont les hormones les plus efficaces pour stimuler les ovaires chez les femmes ayant recours à la fécondation in vitro (FIV) ?

4 weeks ago
Principaux messages
  • Le nombre de naissances vivantes est probablement légèrement inférieur avec l’hormone folliculo-stimulante recombinante (rFSH) à celui observé avec la gonadotrophine ménopausique humaine purifiée (HMG) ou hautement purifiée (HP-HMG), mais probablement supérieur avec la rFSH à celui observé avec les médicaments biosimilaires (gonadotrophines de synthèse). Il y a probablement peu ou pas de différence en termes de naissances vivantes entre la rFSH et l’hormone folliculo-stimulante urinaire hautement purifiée (FSH-HP) ou la follitropine delta. Le taux de grossesses cliniques est probablement plus faible avec la rFSH qu’avec l’HMG/HP-HMG, mais probablement plus élevé avec la rFSH qu’avec les médicaments biosimilaires. Il y a probablement peu ou pas de différence en termes de grossesses cliniques entre la rFSH et la FSH-HP ainsi que la follitropine delta.

  • Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) est probablement plus fréquent avec la rFSH qu’avec l’HMG/HP-HMG et la follitropine delta, mais il y a probablement peu ou pas de différence entre la rFSH et la FSH-HP, et il pourrait y avoir peu ou pas de différence entre la rFSH et les médicaments biosimilaires.

  • Les recherches futures devraient se concentrer sur les embryons congelés et sur les résultats cumulés sur plusieurs cycles de transfert d’embryons congelés afin de donner une image plus complète de l’efficacité des traitements. Les stratégies de prévention et de prise en charge du SHO devraient être prioritaires.

Qu'est-ce que la fécondation in vitro ?

La fécondation in vitro (FIV) est un type de traitement de l’infertilité. La stimulation ovarienne aide les ovaires à produire davantage d’ovocytes, qui sont ensuite prélevés, fécondés puis transférés dans l’utérus de la femme. Diverses hormones, notamment les gonadotrophines, sont utilisées pour stimuler les ovaires :

  • la gonadotrophine ménopausique humaine purifiée (HMG) et hautement purifiée (HP-HMG) ;

  • l'hormone folliculo-stimulante purifiée (FSH-P) ou l'hormone folliculo-stimulante urinaire hautement purifiée (FSH-HP) ;

  • l’hormone folliculo-stimulante recombinante (rFSH) développée en laboratoire afin d’obtenir une hormone plus pure ;

  • la follitropine delta, développée pour permettre une approche plus personnalisée ; et

  • les « médicaments biosimilaires », fabriqués pour obtenir des résultats similaires à ceux de la rFSH à un coût potentiellement moindre.

Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) est un effet indésirable de la FIV, parfois grave, caractérisé par un gonflement des ovaires et une éventuelle fuite de liquide dans la cavité abdominale.

Que voulions-nous savoir ?

Nous avons cherché à déterminer quelle gonadotrophine entraînait le plus grand nombre de naissances vivantes, provoquait le moins de cas de SHO et conduisait au plus grand nombre de grossesses « cliniques », confirmées par échographie.

Comment avons-nous procédé ?

Nous avons effectué une recherche d’études comparant un type de gonadotrophine à un autre chez des femmes ayant recours à la FIV. Les études pouvaient porter sur des embryons frais ou congelés.

Qu’avons-nous trouvé ?

Nous avons inclus 59 études portant sur un total de 18 119 femmes ayant recours à un traitement de fertilité en clinique.

rFSH par rapport à HMG/HP-HMG (17 études, 5 639 femmes)
  • Le nombre de naissances vivantes diminue probablement avec la rFSH par rapport à l’HMG/HP-HMG. Si la probabilité de naissance vivante avec l’HMG/HP-HMG est de 28 %, cette probabilité est comprise entre 22 % et 27 % avec la rFSH.

  • Le risque de syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) est probablement plus élevé avec la rFSH qu’avec l’HMG/HP-HMG. Si le risque de SHO avec l’HMG/HP-HMG est de 2,6 %, le risque avec la rFSH est compris entre 2,9 % et 4,7 %.

  • Le nombre de grossesses cliniques diminue probablement avec la rFSH par rapport à l’HMG/HP-HMG.

rFSH par rapport à la FSH-HP (23 études, 4 612 femmes)
  • Il y a probablement peu ou pas de différence en termes de naissances vivantes entre la rFSH et la FSH-HP. Si la probabilité d’une naissance vivante avec la FSH-HP est de 27 %, cette probabilité est comprise entre 24 % et 31 % avec la rFSH.

  • Il y a probablement peu ou pas de différence en matière de syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) entre la rFSH et la FSH-HP. Si le risque de SHO avec la FSH-HP est de 2,5 %, le risque avec la rFSH se situe entre 1,7 % et 3,8 %.

  • Il y a probablement peu ou pas de différence en termes de grossesse clinique entre la rFSH et la FSH-HP.

rFSH par rapport à la follitropine delta (7 études, 3 614 femmes)
  • Il y a probablement peu ou pas de différence en termes de naissances vivantes entre la rFSH et la follitropine delta. Si la probabilité d’obtenir une naissance vivante avec la follitropine delta est de 29 %, cette probabilité est comprise entre 24 % et 30 %.

  • Le risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) est probablement plus élevé avec la rFSH. Si le risque de SHO avec la follitropine delta est de 4,4 %, le risque avec la rFSH se situe entre 5,1 % et 9,2 %.

  • Il y a probablement peu ou pas de différence en termes de grossesses cliniques entre la rFSH et la follitropine delta.

rFSH par rapport aux médicaments biosimilaires (8 études, 2 870 femmes)
  • Le taux de naissances vivantes est probablement plus élevé avec la rFSH qu’avec les médicaments biosimilaires. Si la probabilité d’obtenir une naissance vivante avec les médicaments biosimilaires est de 23 %, cette probabilité est comprise entre 25 % et 32 % avec la rFSH.

  • Il pourrait y avoir peu ou pas de différence en matière de syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) entre la rFSH et les médicaments biosimilaires. Si le risque de SHO avec les médicaments biosimilaires est de 9,6 %, le risque avec la rFSH se situe entre 5,7 % et 10 %.

  • Le taux de grossesse clinique est probablement plus élevé avec la rFSH qu’avec les médicaments biosimilaires.

Quelles sont les limites des données probantes ?

Ces résultats concernent principalement les cycles de FIV avec transfert d’un embryon frais ; ils peuvent donc être différents pour les embryons congelés. De nombreuses études ont été financées par des laboratoires pharmaceutiques fabriquant les hormones en question, ce qui pourrait avoir influencé les résultats. De plus, bien que nous ayons exclu certaines études à l’aide d’une liste de contrôle de l’intégrité, nous émettons des réserves quant à la fiabilité des données issues de plusieurs de ces études.

Ces données probantes sont-elles à jour ?

Cette revue actualise une revue précédemment publiée en 2011. Les données probantes ont été actualisées en mars 2025.

Berkhout RP, Kostova EB, van Wely M
Checked
1 day ago
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